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Actualités - Opinion

LE POINT Combat de chefs

Et si la présidentielle venait à se dérouler aujourd’hui ? Eh bien, le ticket Kerry-Edwards l’emporterait face au tandem Bush-Cheney. Le score se situant alors dans une fourchette comprise entre 49 et 41 %, s’il faut croire les tout-puissants oracles de la télévision US. On en connaît à la Maison-Blanche qui ont poussé un soupir de soulagement audible jusqu’à l’autre bout du pays. En espérant que, dans les jours, les semaines à venir, l’écart se sera, sinon inversé à leur profit, à tout le moins considérablement réduit. Entre-temps, l’entreprise républicaine « Demolition Inc » est déjà entrée en action pour tenter de contrer l’effet de la dynamique enclenchée par la désignation du candidat démocrate à la vice-présidence. La première salve a été tirée par les milieux d’affaires, qui se sont déchaînés contre celui qu’ils décrivent comme leur ennemi numéro un, alors que Richard Cheney passe à juste raison pour être le grand protecteur de tous les Halliburton rêvant d’avoir leur part d’un gâteau qui n’est pas seulement irakien. C’est qu’en près de vingt ans, le redoutable avocat civil qu’est le sénateur de Caroline du Nord aura fait payer 152 millions de dollars dans 63 dossiers. Au début de l’année, il avait critiqué l’existence, grâce à l’actuelle Administration, de deux Amériques, « l’une qui paie des impôts, l’autre qui bénéficie d’une baisse d’impôts ». L’ATRA, une association qui lutte contre les procès en responsabilité civile, a très vite créé un site, « EdwardsWatch.com », pour dénoncer un parcours aussi brillant. La meilleure preuve que John Kerry n’aurait pas pu faire un meilleur choix. C’est vrai que les deux hommes se complètent admirablement. L’un est un praticien fortuné, catholique, marié à l’héritière de l’empire Heinz, nourri dans le sérail après avoir été un héros de la guerre du Vietnam. L’autre est l’exemple type du rêve américain fait homme, méthodiste, né dans une famille moins que moyenne, qui s’est fait à la force du poignet. Et, atout non négligeable, il est capable de récupérer ce Sud qui avait échappé à son parti il y a quatre ans. Inexpérimenté, ainsi que le laissent entendre les patrons du Grand Old Party ? Ses états de service sont, au contraire, impressionnants : membre de la commission sénatoriale sur les agences de renseignements, de celle en charge de l’affaire des attentats du 11 septembre, expert en questions de bioterrorisme et de sécurité nationale... Bref, dit-on au siège de son parti, il en sait bien plus que l’actuel locataire de la Maison-Blanche à la veille de son élection. Ce qui, on en conviendra, n’est pas bien difficile. Dès mercredi, les deux hommes ont inauguré leur nouvelle alliance en entamant une vaste tournée placée sous le signe d’« une Amérique plus juste ».Objectif primordial : les « Swing States », ainsi que les appellent les politologues yankees, c’est-à-dire les États comptant un grand nombre d’indécis et dont le choix final pourra faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Soit, dans un premier temps, l’Ohio, la Virginie de l’Ouest, le New Mexico et cette Floride qui fut la scène, lors de l’élection de 2000, d’un inlassable – et combien ridicule – décompte de voix qui finit par ressembler à un tour de prestidigitation. Les premières réactions paraissent nettement favorables au camp démocrate, qui pourrait fort bien s’être assuré de l’adhésion à ses slogans de la majorité des « blue collars ». Cela, c’est le premier apport, dans le panier du couple, de John Edwards, « le meilleur politicien-né depuis Bill Clinton », ainsi que le qualifie la grande presse, favorable à la quasi-unanimité – une fois n’est pas coutume – au choix de Kerry. John Adams, qui fut le premier vice-président de l’histoire des États-Unis, disait de cette fonction qu’elle était « l’invention la plus insignifiante jamais conçue par l’esprit humain ». Probablement qu’il aurait changé d’avis en voyant les décisions inspirées à George W. par son fidèle lieutenant – et mentor... Une chose est sûre : à partir d’aujourd’hui, il sera bien moins question de l’Irak et des rapports avec l’Europe que, par exemple, de l’allègement fiscal pour les ménages gagnant plus de 200 000 dollars par an ou encore de crédits accrus pour la défense, l’éducation et la santé. Autrement dit, de questions proprement internes. Sur lesquelles les vues de l’équipe républicaine sont jugées par l’électorat trop favorables au cercle fermé du « big business ». Christian MERVILLE
Et si la présidentielle venait à se dérouler aujourd’hui ? Eh bien, le ticket Kerry-Edwards l’emporterait face au tandem Bush-Cheney. Le score se situant alors dans une fourchette comprise entre 49 et 41 %, s’il faut croire les tout-puissants oracles de la télévision US. On en connaît à la Maison-Blanche qui ont poussé un soupir de soulagement audible jusqu’à l’autre bout du pays. En espérant que, dans les jours, les semaines à venir, l’écart se sera, sinon inversé à leur profit, à tout le moins considérablement réduit.
Entre-temps, l’entreprise républicaine « Demolition Inc » est déjà entrée en action pour tenter de contrer l’effet de la dynamique enclenchée par la désignation du candidat démocrate à la vice-présidence. La première salve a été tirée par les milieux d’affaires, qui se...