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Égypte - La relation entre une décoratrice de 26 ans et un présentateur de TV islamiste fait couler beaucoup d’encre Une femme enceinte brise les tabous et exige une reconnaissance de paternité

Dans un monde arabe où les droits des femmes se heurtent souvent aux tabous, le combat d’une jeune femme, épaulée par son père, pour obtenir la reconnaissance de la paternité de l’enfant qu’elle porte fait exception. L’histoire oppose une décoratrice égyptienne de 26 ans à un acteur de trois ans son cadet avec laquelle il avait contracté un mariage « orfi », et qui refuse de reconnaître ce mariage alors qu’elle attend un enfant. Le mariage « orfi » est reconnu par la religion mais ne figure pas dans les registres officiels. Il ne donne pas le droit à l’héritage mais les enfants d’une telle union sont reconnus comme légitimes. Ce qui ajoute du piment à ce feuilleton qui passionne la presse est que le jeune homme est le fils d’un acteur célèbre, Farouk Fichaoui, qui présente des programmes islamistes à la télévision. Leur idylle a commencé sur les plateaux de télévision, et Hind Hennaoui affirme avoir été convaincue par le jeune homme, qui prétendait ne pas avoir les moyens de se marier, de contracter un mariage « orfi ». « Lorsque je lui ai appris que j’étais enceinte, il m’a demandé le bout de papier prouvant notre mariage, pour l’officialiser. En fait, c’était pour le jeter, et depuis, il nie que nous ayons jamais été mariés », affirme-t-elle. Or en Égypte, outre l’opprobre jeté sur les filles-mères – les crimes d’honneur dans les pays arabes sont légion – elles ne peuvent pas déclarer en leur nom leur bébé. Ahmed Fichaoui a assuré que « toute cette affaire n’est que mensonges » et qu’il n’a « jamais épousé cette fille ». Il lui a d’ailleurs intenté un procès, qui doit s’ouvrir le 19 juillet, pour diffamation. Passé le premier choc et la crainte du déshonneur, le père de la jeune femme, un économiste de 62 ans, a décidé de contre-attaquer. Il a poussé sa fille à se plaindre au commissariat et exigé des tests d’ADN pour prouver la paternité du jeune homme. « J’ai réalisé que j’allais perdre ma fille si nous ne la défendions pas », explique le docteur Hamdi Hennaoui. Communiqués, déclarations, meetings : tout est bon pour plaider la cause de sa fille. Il dénonce en outre l’hypocrisie des hommes de religion, dont l’un, un prédicateur connu, a tenté sur l’instigation d’Ahmed Fichaoui de convaincre sa fille d’avorter. « Alors que j’étais enceinte de trois mois, un cheikh influent des amis d’Ahmed m’a appelée pour dire que je pouvais avorter, à condition que le père et moi jeûnions 60 jours et que nous payions une diya (prix du sang) de l’équivalent de dix chameaux », dit Hind, maîtrisant mal sa rage. « Mais cela ne m’a pas convaincue. Les livres de religion ne disent pas cela », ajoute-t-elle, assurant ne vouloir qu’une seule chose : « Qu’il reconnaisse le bébé et divorce ensuite. » La majorité des juristes islamistes déconseillent l’avortement au début de la grossesse et l’interdisent après 12 semaines, sauf en cas de force majeure comme lorsque la vie de la mère est en danger. Hind est aussi soutenue par sa mère, docteur en psychologie. « C’est une véritable catastrophe, et la société ne voit dans cette affaire qu’une question immorale, seule une poignée d’intellectuels nous comprend », dit le professeur Salwa Abdel Baqi. Elle considère que si sa fille obtient ses droits, « cela aidera beaucoup d’autres dans son cas ». Selon les chiffres officiels, il y a 12 000 cas de demande de reconnaissance de paternité devant les tribunaux en Égypte. La plupart de ces enfants sont nés de mariages « orfi », un phénomène que Azza Solimane, directrice du Centre des causes de la femme égyptienne, qualifie de « grand problème ». « Ce sont toujours les filles qui paient le prix de ce genre de mariage », ajoute-t-elle. Quant à Hind, qui tient son journal à l’intention de sa petite fille qui devrait naître en octobre, elle estime que « tout changement dans la société commence par un petit pas, même si ceux qui le font en payent le prix ».
Dans un monde arabe où les droits des femmes se heurtent souvent aux tabous, le combat d’une jeune femme, épaulée par son père, pour obtenir la reconnaissance de la paternité de l’enfant qu’elle porte fait exception.
L’histoire oppose une décoratrice égyptienne de 26 ans à un acteur de trois ans son cadet avec laquelle il avait contracté un mariage « orfi », et qui refuse de reconnaître ce mariage alors qu’elle attend un enfant. Le mariage « orfi » est reconnu par la religion mais ne figure pas dans les registres officiels. Il ne donne pas le droit à l’héritage mais les enfants d’une telle union sont reconnus comme légitimes.
Ce qui ajoute du piment à ce feuilleton qui passionne la presse est que le jeune homme est le fils d’un acteur célèbre, Farouk Fichaoui, qui présente des programmes islamistes...