Les vrais héros de la liberté
Je suis libanais et « exilé » en France depuis 12 ans.
Étant à Nantes où les journaux libanais n’arrivent pas, pouvoir vous lire par Internet est une bénédiction. C’est mon cérémonial de tous les matins : la lecture de mon quotidien en buvant mon café, et mon quotidien est le vôtre.
Votre liberté de parole surprend agréablement dans un pays où les hommes politiques font semblant de jouer le jeu de la démocratie. Je ne m’attarderai pas sur cet aspect de la vie des libanais, car vous le faites pour nous et je vous en félicite.
Lire tous les vendredis l’article de Gaby Nasr est un moment de pur plaisir, j’ai eu la surprise d’entendre (il y a un an de cela à peu près) sur RTL, dans la revue de presse, le chroniqueur relire l’article de Gaby Nasr qui parlait de Georges dobleyou et des préparatifs de l’invasion de l’Irak.
J’approuve l’article paru dernièrement concernant l’affichage au Liban (l’article de Anne-Marie el-Hage, samedi 10 avril). J’étais, juste avant mon départ du Liban, associé et directeur d’une des plus importantes sociétés d’affichage du Liban. L’arnaque dont j’ai été la victime et l’anarchie qui a sévi au niveau de l’affichage au Liban ont été un facteur déterminant dans ma décision de quitter le pays et sur ce sujet je pourrai écrire des chapitres.
Bref, tout ça pour vous dire que depuis le moment où j’avais envie de vous écrire, voilà c’est fait.
Continuez à nous régaler et à faire souffler un vent de liberté dans notre pays (comme dirait l’autre : « vous pourrez tout me prendre mais pas ma liberté de penser »).
Bon courage et merci encore car vous êtes les vrais héros de la liberté.
Pierre ACHKAR
Nantes (France)
Amère expérience
J’avais lu ces derniers jours sans trop m’y attarder les discussions concernant les relations entre l’EDL et l’ENEL.Un tiraillement de plus dans cette pauvre République...Mais aujourd’hui j’ai eu l’occasion de faire l’amère expérience de ses conséquences. Je m’explique : vers 14h30 le courant électrique s’est coupé dans le secteur de Hamra, rien d’étonnant en somme, vu que les petites pannes sont quasi quotidiennes, et on en a vu d’autres....
Mais lorsque le soir venu l’obscurité était toujours là, j’ai décidé d’appeler tout simplement « le service clientèle » de l’EDL (comme ils l’appellent quand vous composez le 1707), l’employée de service me répond tout bonnement que la réparation ne va pas avoir lieu car les employés sont en grève ! Et d’ajouter : il n’est même pas sûr que le courant sera rétabli demain(...)
Qui osera dire après cela que l’EDL ne se soucie pas de notre santé...
Amalia BAKA
Des artistes pour Beyrouth
À propos de municipalité... j’ai envie de dire que ça suffit toutes ces querelles entre loyalistes et opposants. Qu’est-ce que la politique a à voir avec le côté esthétique de notre capitale ? La municipalité a besoin d’une équipe de créateurs, artistes, architectes, sculpteurs, paysagistes... et j’en passe. Ils sont nombreux, nos jeunes Libanais qui souhaitent s’exprimer et démontrer leurs compétences. L’entente est indispensable dans un pays bien meurtri déjà par des mentalités agressives. Unissons nos idées et pour commencer unissons-nous, pour le bien, pour l’intérêt et la réussite esthétique de notre Beyrouth chéri...
Sana TAWIL
Au cœur des Libanais
La carte d’identité libanaise n’a plus de valeur (...) Où sont passés nos droits et nos rêves et nos projets d’avenir ? (...) Personne pour nous aider, personne pour nous soutenir et nous orienter. Par contre pour écraser nos volontés et nos rêves, et pour nous voler ils seront toujours présents.
Même s’ils ont planté en nous la haine et la rancune et même si leur conscience est morte, ils ne doivent pas oublier que nous avons édifié le Liban de nos mains et qu’on l’a cimenté de notre sang. Le seul mot qui nous reste : « Liban je t’aime mais dommage ».
Ils ont anéanti tous nos espoirs et notre patrie (...) Notre seule solution reste l’émigration. On bénéficie au moins de nos droits, de notre personnalité et d’une vie bien menée. On n’aura pas peur de se faire tabasser par des agents de police parce qu’on cherche à gagner notre pain quotidien. Le libanais quitte son pays en ne gardant que des mauvais souvenirs, mais en n’emportant qu’un seul espoir : ne jamais y retourner.
Fawaz KARIM
Pour un regard neuf
« Grand merci pour cette rubrique qui prendra de plus en plus d’ampleur, au fur et à mesure que les lecteurs apprendront à s’exprimer et, surtout, à agir » , écrit l’une de nos lectrices, Kinda Élias.
En effet, l’apprentissage est de rigueur.
Les municipales approchent, comme le reflète le courrier d’aujourd’hui. Nous recevons notamment une lettre d’une lectrice de Aïn Saadé qui proteste de ce que cette agglomération soit « annexée » par Beit Méry. Aïn Saadé, précise-t-elle, est représentée au conseil municipal par quatre membres, alors que Beit Méry l’est par onze, « sachant que les revenus de Aïn Saadé dépassent largement ceux de Beit Méry ». Impossible pourtant de publier ce courrier dans la forme qui nous est parvenue, signé de seules initiales.
Le courrier que nous recevons comprend des lettres amères, et celui d’aujourd’hui ne fait pas exception. D’autres pleines d’espoir, comme les lignes que nous adresse une lectrice française, Nadine Devoille, particulièrement sensible au courage qui a conduit le Libanais à reconstruire avec acharnement ce que la guerre détruisait. Nous sommes souvent aveugles à des choses dont l’évidence s’impose facilement à un regard neuf. C’est de ce regard dont nous avons besoin pour continuer de reconstruire notre confiance dans le Liban.
Fady Noun
Le courage des Libanais
Petit commentaire aux propos de W. Abou Samah (L’orient-Le Jour du 6/4). Européenne et occidentale, j’ai eu le bonheur de visiter deux fois le Liban en 2001. J’y ai découvert un pays riche de pluralités, de culture, mais surtout, surtout, un peuple courageux qui toujours se relève de ses multiples blessures. Pour moi c’est là la véritable spécificité des libanais, pas les paillettes, ni la bosse du commerce... mais incontestablement le courage. Ne faut-il pas être courageux pour inlassablement reconstruire son pays depuis des millénaires ? Ne faut-il pas l’être pour cohabiter après des années d’horreur? Oui, je vous l’affirme de mon avis d’occidentale, les Libanais sont courageux. Si le tourisme occidental n’est pas plus répandu ne serait-ce pas quelquefois en raison du manque d’infrastructures raisonnables (tout le monde ne peut s’offrir des hôtels de luxe ?). Mais quiconque, même chez nous Occidentaux quelque peu incultes et égoïstes, a vu un reportage, lu un livre sur le Liban ou rencontré un ressortissant a envie de vous découvrir. C’est ainsi que je suis allée vous rencontrer et que je retournerai dans votre magnifique pays. Vous avez offert au monde l’écriture et la pourpre, pourquoi ne pas tenter de nous faire partager votre amour pour votre pays, votre élégance et votre savoir-vivre ? Rien n’est insurmontable ! Pour le reste, l’aspect politique du commentaire, je n’ai pas qualité pour y répondre, n’étant pas libanaise, mais continuez à accueillir aussi chaleureusement les visiteurs, comme je l’ai été, et nous serons vos plus fervents ambassadeurs. Merci pour ces moments d’amitié vécus chez vous, que j’ai reçus comme un don infiniment précieux.
Nadine DEVOILLE
Paris
La cathédrale Saint-Georges des maronites
Suite à votre article « Société » dans l’édition du 14 avril où vous parliez de l’église St-Georges des maronites, et en complément d’informations je voudrais attirer votre attention sur le fait que c’est mon aïeul Youssef Massad (1821-1912 ; qui était à l’époque « Cancelliere » du Royaume de Sardaigne et ensuite du Royaume d’Italie, un des rares maronites qui habitait Beyrouth à l’époque ottomane, jouissant du Régime des Capitulations en tant que citoyen italien) qui avait ramené d’Italie les plans de l’église Santa Maria Maggiore et qui fit donation d’une parcelle de terrain adjacente au wakf maronite et contribua pécunièrement à l’édification de la cathédrale. (Les archives du wakf de l’époque le prouvent).
Jean MASSAD
Marseille (France)
L’édifice Saint-Georges des maronites a 110 ans d’âge (1894-2004). On imagine donc qu’en matière de rappel historique, il y a encore plein d’histoires à raconter et de détails que l’article n’a pas pu soulever, notamment en ce qui concerne le rôle de Mgr Boulos Matar dans la réalisation du projet. Notons aussi que la seule femme inhumée dans une cathédrale au Liban est Mme Rose Khadra Malhamé qui fut enterrée au début du siècle dernier dans l’édifice séculaire.
Beyrouth aux Beyrouthins
Être ou ne pas être. Tel semble être l’alternative laissée aux beyrouthins. Mais paraphraser Shakespeare n’est pas sans conséquences. Non, en dépit de ce défi, Beyrouth restera toujours éternelle. Réveillez-vous beyrouthins, et défendez votre ville adorée. Rendez-lui son visage d’antan, ce visage multiculturel, terre de toutes les interrogations et de toutes les réponses. Réveillez-vous et soyez de vrais citoyens prêts à redonner à votre cité son rôle de pôle attractif.
Que de déceptions de voir tous ces hommes politiques s’approprier une ville qui ne pourra, en fin de compte, qu’appartenir à ses enfants, ces mêmes enfants dont la mémoire est bercée de souvenirs d’une joie de vivre qui, malheureusement, appartient au passé.
Allons, enfants de Beyrouth ! Votre devoir de citoyens éclairés et responsables est de vous diriger tous le 9 mai vers les urnes et d’y déposer votre bulletin de vote, afin que ce passé redevienne présent.
Dr Riad el-Alaïli
Marketing électoral
Jeudi 15 avril, tous les habitants d’Antélias, Bsalim, Mezher et Majzoub ont été contraints de suivre une émission diffusée par une chaîne locale sur les municipalités et pour cause : l’émission portait sur un candidat aux municipales. Les partisans de ce dernier n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de bloquer l’accès par câble à toutes les autres chaînes, pour obliger les abonnés à suivre l’émission coûte que coûte, une heure durant.
Un modèle électoral à ne pas suivre, qui donne toute la mesure de la corruption qui sévit dans la vie électorale libanaise.
Nada C. AKL
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