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Actualités - Chronologie

Le plan Sharon de retrait de Gaza

Le plan du Premier ministre israélien Ariel Sharon d’un retrait de la bande de Gaza, s’il est appliqué, mettra fin à la présence de quelques milliers de colons juifs protégés par l’armée et noyés parmi une population palestinienne hostile. Lors d’une conférence de presse commune hier avec M. Sharon, le président américain George W. Bush a qualifié ce plan d’« historique et de courageux ». Près de quatre décennies après l’occupation de la bande de Gaza en juin 1967, M. Sharon en est ainsi arrivé à son tour à la conclusion que toute présence israélienne sur ce territoire palestinien constituait un fardeau pour l’État juif. Alors qu’ils ne sont que 7 500 colons sur 1,3 million de Palestiniens – avec l’un des taux de natalité les plus élevés au monde –, ils occupent plus de 15 % de ce territoire exigu et surpeuplé de 362 km2 à peine. Le retrait de Gaza s’inscrit dans un plan général de M. Sharon dit de « séparation » d’avec les Palestiniens qui, en dépit de son nom, ne vise pas un retrait parallèle en Cisjordanie occupée mais seulement de colonies isolées. En ce sens, il ne constitue pas un précédent de l’aveu de M. Sharon mais, au contraire, il permettra de « renforcer » les blocs de colonisation en Cisjordanie et les « zones de sécurité » qu’Israël entend y garder. M. Sharon a spécifié lundi pour la première fois les blocs de colonies qu’Israël entend garder en Cisjordanie. Ces blocs qui abritent l’écrasante majorité des quelque 220 000 colons installés dans ce territoire sont : Maalé Adoumim, Kiryat Arba, l’implantation juive à Hébron, Goush Etzion (Sud), Ariel et les colonies alentour (Nord) et Givat Zeev au nord de Jérusalem. Néanmoins, le projet de retrait de Gaza, qui reprend des idées de longue date de l’opposition travailliste, est en complète contradiction avec des déclarations passées de M. Sharon contre un démantèlement unilatéral de colonies. Surtout, il remet en cause les dogmes nationalistes de son parti, le Likoud, la principale formation de la droite. Il a été dévoilé le 2 février par M. Sharon qui a annoncé pour la première fois son intention d’évacuer 17 des 21 colonies de Gaza. Le 18 décembre dernier, il avait déjà annoncé un « plan de séparation » destiné selon lui à « réduire autant que faire le nombre d’Israéliens au cœur de la population palestinienne », sans préciser encore qu’il envisageait un retrait de Gaza. Selon des responsables israéliens, le retrait de la bande de Gaza devrait s’achever au cours de l’année 2005. À ce moment-là, toutes les 21 colonies et 7 500 colons devraient avoir été évacués. Les colons auront le choix entre des indemnités confortables ou leur réinstallation dans des villages israéliens, certains proches de la bande de Gaza. Il n’est pas prévu de démolir leurs maisons, pour ne pas revenir sur l’impression fâcheuse de l’évacuation du Sinaï égyptien en 1982 quand les bulldozers avaient fait table rase de la localité de Yamit et des implantations voisines. Le retrait ne sera cependant pas total, du moins à un premier stade, car l’armée israélienne devrait garder le contrôle de la frontière avec l’Égypte, en restant positionnée sur l’axe dit de « Philadelphie », entre la bande de Gaza et l’Égypte. De plus, Israël se réserve le droit de frapper à Gaza, après son retrait, en cas d’attaques palestiniennes à partir de ce territoire. L’exécution de ce plan ne dépend plus d’un accord avec les Palestiniens, mais du feu vert du Likoud dont les 200 000 membres sont appelés à se prononcer par référendum le 2 mai. Selon les sondages, une majorité d’Israéliens approuve le plan mais le soutien de la base du Likoud n’est pas acquis d’avance en dépit du soutien sans précédent de M. Bush.
Le plan du Premier ministre israélien Ariel Sharon d’un retrait de la bande de Gaza, s’il est appliqué, mettra fin à la présence de quelques milliers de colons juifs protégés par l’armée et noyés parmi une population palestinienne hostile.
Lors d’une conférence de presse commune hier avec M. Sharon, le président américain George W. Bush a qualifié ce plan d’« historique et de courageux ».
Près de quatre décennies après l’occupation de la bande de Gaza en juin 1967, M. Sharon en est ainsi arrivé à son tour à la conclusion que toute présence israélienne sur ce territoire palestinien constituait un fardeau pour l’État juif.
Alors qu’ils ne sont que 7 500 colons sur 1,3 million de Palestiniens – avec l’un des taux de natalité les plus élevés au monde –, ils occupent plus de 15 % de ce...