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Maher Mokdad, un petit caïd?

Dès qu’on prononce le nom de Maher Mokdad, les visages se ferment à Hay el-Sellom. Le jeune homme est assez connu, voire apprécié. Un des membres du clan, puisque les Mokdad sont pratiquement une tribu, originaire de la Békaa, précise qu’il a effectivement été pendant dix ans responsable de la sécurité à l’ambassade des États-Unis à Beyrouth. Il est ensuite parti pour l’Amérique et y est resté quelques années avant de rentrer au pays. Il a ensuite ouvert une sorte de café à Roueiss (banlieue sud), devenu un point de rencontre des jeunes désœuvrés de la région. La plupart des habitants de Hay el-Sellom ont dû ainsi, un jour ou l’autre, fumer un narguilé ou boire un thé ou un café chez Maher Mokdad. Grâce à cette sorte de «cafétéria», l’homme est devenu une sorte de petit chef, un caïd local, qui peut mobiliser un groupe de jeunes, auxquels il fait crédit et offre parfois gratuitement des consommations. C’est donc cet homme qui a été accusé par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, d’avoir provoqué les émeutes du jeudi 26 mai, en lançant une grenade sur les soldats. Nasrallah avait même accusé Mokdad d’avoir agi sur une injonction américaine. Mais les membres de sa tribu réfutent cette accusation. «Si vous avez des relations avec des Américains, après avoir travaillé avec eux, cela ne signifie pas que vous êtes leur agent. Attendons la suite de l’enquête judiciaire et nous verrons quelle est la responsabilité de Maher dans ce qui s’est passé.» C’est d’ailleurs la tribu qui a demandé à ce dernier de se livrer à la justice. Mais ses proches sont convaincus qu’il est innocent. «Sayyed Nasrallah ne descend pas sur le terrain et ne sait pas vraiment ce qui se passe dans la rue», répondent-ils laconiquement lorsqu’on leur demande pourquoi le secrétaire général du Hezbollah a accusé nommément le jeune homme. Pour eux, il a peut-être participé à la manifestation, comme la plupart des hommes du quartier, mais sa responsabilité ne va pas plus loin. « Le plan était bien plus important que Maher et ses compagnons. Il s’agissait de laisser éclater le chaos avant de permettre à une certaine partie de jouer le rôle de sauveur indispensable et incontournable. Heureusement, le plan n’a pas été exécuté jusqu’au bout, parce que l’État et le Hezbollah, avec l’aide des Syriens, ont pu calmer le jeu. Mais l’affaire était très grave », confie un des Mokdad. Il n’en dira pas plus, préférant se dire confiant dans la justice.
Dès qu’on prononce le nom de Maher Mokdad, les visages se ferment à Hay el-Sellom. Le jeune homme est assez connu, voire apprécié. Un des membres du clan, puisque les Mokdad sont pratiquement une tribu, originaire de la Békaa, précise qu’il a effectivement été pendant dix ans responsable de la sécurité à l’ambassade des États-Unis à Beyrouth. Il est ensuite parti pour l’Amérique et y est resté quelques années avant de rentrer au pays. Il a ensuite ouvert une sorte de café à Roueiss (banlieue sud), devenu un point de rencontre des jeunes désœuvrés de la région. La plupart des habitants de Hay el-Sellom ont dû ainsi, un jour ou l’autre, fumer un narguilé ou boire un thé ou un café chez Maher Mokdad. Grâce à cette sorte de «cafétéria», l’homme est devenu une sorte de petit chef, un caïd local,...