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Cimaises Les merveilles de la calligraphie chinoise à la BNF

« Équivalents visuels du souffle », calligraphies et dessins chinois font l’objet d’une rare exposition à la Bibliothèque nationale de France qui dévoile ses trésors sous le titre « Chine, l’empire du trait ». Cent trente œuvres du Ve au XIXe siècle – parmi les plus prestigieuses conservées dans ses fonds de manuscrits, imprimés précieux, cartes, peintures et estampes – y sont exposées jusqu’au 20 juin. Certaines pour la première fois. Trésors, car la collection, dont le noyau remonte aux envois des missionnaires à la fin du XVIIe siècle, s’est enrichie de façon spectaculaire au début du XXe. La mission du sinologue Paul Pelliot devait en effet acquérir une partie du fabuleux contenu d’une grotte, scellée à la fin du Xe siècle sur le site de Dunhuang (Turkestan chinois), sur le trajet de l’ancienne route de la soie. Il y avait là des rouleaux de soie calligraphiés au Ve siècle, mais aussi les plus anciens estampages connus et des rouleaux de textes sur papier, copies de soutras (préceptes) bouddhiques exécutées par de talentueux calligraphes. Soutra du lotus en caractères d’or sur papier indigo, enseignements de Bouddha sur l’observance du jeûne et de la pureté sur soie bleu pâle brodée au fil de soie, ou essais en graphie sigillaire témoignent de leur diversité. Au cœur de l’exposition, un fragment de copie d’une lettre du « prince des calligraphes », le célèbre Wang Xizhi (IVe siècle), dont trois signes cursifs sont qualifiés de « diamant » par l’écrivain et académicien François Cheng. « Trois idéogrammes, détachés, forment une entité parfaite, unis dans une rythmique presque autonome : le premier, formé de deux coups de pinceau rapides, crée un espace dynamique avec, opérant entre eux, le souffle du vide médian. Le deuxième, concrétisation d’un ardent désir d’être, fait de contraste et de complémentarité entre les traits droits, incisifs et les courbes pleines d’une grâce charnelle. Puis, le dernier caractère au tracé impeccable qui veut dire “un”, signifiant l’unité originelle, constitue “l’unique trait de pinceau”, la base même de tout l’art chinois », écrit M. Cheng avec enthousiasme. À l’exacte distance d’un autre idéogramme Nul besoin d’être chinois pour réaliser, à la vue de ces trésors, que l’art du calligramme tient autant par le plein ou le délié du trait que par l’espace qu’il contient ou qui le tient à l’exacte distance d’un autre idéogramme. De la calligraphie à l’esquisse, du dessin à la peinture, il n’y a qu’un fil que tisse habilement Nathalie Monnet, commissaire de l’exposition, en présentant des livres illustrés, des albums précieux peints et calligraphiés sur jade, sur feuille d’arbre, sur fond d’or. « Dix vues du mont Wu » d’un album xylographique de la dynastie des Ming, impressions polychromes de branches de fruits, oiseaux, chrysanthèmes, et les célèbres planches des peintures sur soie du Palais d’été, ponctuent ce parcours, véritable « must » de l’année de la Chine en France.
« Équivalents visuels du souffle », calligraphies et dessins chinois font l’objet d’une rare exposition à la Bibliothèque nationale de France qui dévoile ses trésors sous le titre « Chine, l’empire du trait ».
Cent trente œuvres du Ve au XIXe siècle – parmi les plus prestigieuses conservées dans ses fonds de manuscrits, imprimés précieux, cartes, peintures et estampes – y sont exposées jusqu’au 20 juin. Certaines pour la première fois.
Trésors, car la collection, dont le noyau remonte aux envois des missionnaires à la fin du XVIIe siècle, s’est enrichie de façon spectaculaire au début du XXe.
La mission du sinologue Paul Pelliot devait en effet acquérir une partie du fabuleux contenu d’une grotte, scellée à la fin du Xe siècle sur le site de Dunhuang (Turkestan chinois), sur le trajet de...