Je n’ai pas encore vu La Passion selon Mel Gibson, mais les quelques photos de cette crucifixion parues dans la presse m’ont désolée. Les Christ qu’on nous a toujours donné à voir, ceux du Moyen Âge comme ceux de la Renaissance, ceux des expressionnistes comme celui de Rouault, ont en commun leur visage triste et doux, et leur grande lassitude. Même en forçant le trait, on n’est jamais allé plus loin que de montrer quelques gouttes de sang perlant autour de la couronne d’épines, d’autres au creux des mains, sur le dos des pieds et à l’entaille du flanc. Chacun, à des époques différentes, a pu mesurer, rien qu’à ces pauvres signes, l’endurance d’un corps qui ne tient au bois que par ses plaies, l’infinie patience de cette âme qui s’écoule, qui prend encore le temps de rassurer et de pardonner....
Actualités - Opinion
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Par Fifi ABOU DIB, le 06 mars 2004 à 00h00
Je n’ai pas encore vu La Passion selon Mel Gibson, mais les quelques photos de cette crucifixion parues dans la presse m’ont désolée. Les Christ qu’on nous a toujours donné à voir, ceux du Moyen Âge comme ceux de la Renaissance, ceux des expressionnistes comme celui de Rouault, ont en commun leur visage triste et doux, et leur grande lassitude. Même en forçant le trait, on n’est jamais allé plus loin que de montrer quelques gouttes de sang perlant autour de la couronne d’épines, d’autres au creux des mains, sur le dos des pieds et à l’entaille du flanc. Chacun, à des époques différentes, a pu mesurer, rien qu’à ces pauvres signes, l’endurance d’un corps qui ne tient au bois que par ses plaies, l’infinie patience de cette âme qui s’écoule, qui prend encore le temps de rassurer et de pardonner....


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