Long week-end en perspective et, malgré le beau temps qui pointe son nez, vous êtes nombreux à préférer les soirées cocooning aux fêtes endiablées de la vie nocturne libanaise. Notre sélection d’aujourd’hui vous sera donc assez bénéfique. Jazz et rock sont à l’honneur, ainsi que chansons sensuelles. Avec la compilation du club Pink Paradise (disponible également en DVD), ceux qui ont encore envie d’étendre un petit peu la Saint-Valentin jusqu’à la fin de ce mois (malheureusement trop court) vont être servis. Quant à ceux qui chérissent le cinéma français, dont on ne répète pas assez combien sa maigre présence dans nos salles obscures lèse un grand nombre de Libanais, quatre films sont proposés. À défaut donc de voir certains longs métrages hexagonaux sur grand écran, le public francophile doit se rabattre sur le « home cinema ». Pourquoi pas d’ailleurs, puisqu’un grand nombre de « DVDéthèques » sont très bien achalandés. Humour et drame à la française cette semaine.
Les cédés
Michel Petrucciani
Best Of
À Orange, en 1965, à trois ans, Michel Petrucciani avait déjà entendu quantité de standards grâce à son père guitariste de jazz. Il se met à étudier le piano classique, se produit avec son père et commence à composer vers l’âge de 11 ans. À 15 ans, il joue avec Kenny Clarke puis bien d’autres jusqu’à son départ pour les États-Unis en 1982 alors qu’il a juste 20 ans. Rencontre avec Charles Lloyd, puis suit la carrière fulgurante qu’on lui connaît. Entre Europe et USA, en piano solo, en formation jazz ou fusion, il fera vibrer les spectateurs venus admirer ce pianiste au talent incontesté jusqu’à ce que la mort l’emporte en janvier 1999, trop tôt, beaucoup trop tôt. Ce Best Of couvre sa période « Dreyfus » de 1994 à sa disparition. 13 titres, un art magistral.
Les DVD
Les corps impatients
Xavier Giannoli
Les corps impatients est un premier film en forme de promesse, tant son jeune réalisateur a su éviter le piège du pathos qui le guettait. Il est évident que le premier intérêt de Giannoli n’est pas la description de la maladie ni de l’univers hospitalier où évoluent les trois protagonistes, Charlotte, Ninon et Paul. Ce qui l’a passionné et qu’il a réussi à transmettre au spectateur, c’est la force de vie à travers le langage du corps, véritable palliatif lorsque les mots se révèlent impuissants ou inutiles. Histoire de vie et d’amour singulière, rythmée par une jalousie violente et féroce, motrice d’une incroyable envie de s’en sortir. Ce film impressionnant, fort et fragile à la fois est porté par la performance des comédiens. Laura Smet, magnifique révélation, possède la présence animale de son père (Johnny Hallyday) ainsi que la puissance émotionnelle de sa mère (Nathalie Baye). Un beau film sur l’amour et la mort auxquels sont confrontés trois adolescents.
The Rasmus
Dead Letters
Ce groupe finlandais, star dans son pays mais presque inconnu pour le reste du monde, vient de sortir son cinquième album. Après le succès de In the Shadows, premier extrait de ce nouvel opus, et pour tous les amateurs de rock, il était nécessaire de parler de The Rasmus qui ne va pas tarder à se faire mieux connaître du grand public. Ce quatuor, qui avait l’habitude de produire un son brut et puissant, est tombé sous le charme du groupe Muse. Inspirés par leur genre, ils ont décidé de s’adonner à un style plus mélodique. Chansons douces accompagnées de riffs électriques, et le tour est joué. Chacun des dix morceaux présents sur le disque est une lettre adressée à quelqu’un : une excuse, un secret, un appel au secours, un message à un ami disparu… refrains chaleureux et guitares puissantes. À découvrir.
Livraison à domicile
Bruno Delahaye
Ils sont jeunes, ils ont des idées, mais ils ont la poisse et sont irresponsables. Ludo et Thomas accumulent échec sur échec, mais vont remettre le couvert et tentent leur dernière chance. Ils proposent à Fred, un ancien boxeur thaï devenu pizzaiolo, une énième entreprise lucrative : la livraison à domicile, quels que soient le lieu et la marchandise. Première réalisation de Bruno Delahaye, Livraison à domicile puise ses influences dans le tragi-comique anglais. Une galerie de personnages appuient le film et parviennent à alterner scènes drôles et moments dramatiques. Même si les personnages se retrouvent dans une situation compliquée : livrer une voiture de collection en Corse quand on n’a qu’une mobylette comme moyen de transport, que ladite voiture ne doit pas rouler plus de cent mètres et que, de surcroît, on est basé dans le Nord, le film traîne en longueur. Le happy end un peu naïf aurait pu être remplacé par un final cynique à l’anglaise… mais bon. Ça se laisse voir, en DVD.
Pink Paradise
Artistes divers
Le club de strip-tease des Guetta est, depuis un moment déjà, un endroit très tendance de la place parisienne. Musique branchée et filles superbes, tout le monde est ravi… enfin presque, les hommes surtout. Alors comme tous les clubs, boîtes et autres bars qui se respectent, il était de rigueur de sortir une compilation. On aurait pu tomber dans la vulgarité ou le kitsch, et bien non. Cette petite concentration de morceaux sensuels à souhait sera un véritable bonheur pour les adeptes de l’effeuillage lascif. Une occasion une fois de plus de retrouver des chansons cultes de David Bowie à Donna Summer, en passant par les Destiny Child’s. Alors si vous avez envie de fêter encore une fois la Saint-Valentin, à vos platines… Pour les maladroits, sachez qu’un DVD Pink Paradise est sur le marché.
Nos enfants chéris
Benoît Cohen
Nos enfants chéris, dont l’ambiance tend à ressembler à celle de César et Rosalie a avoué le réalisateur, est un film agréable et bien ciselé, sur les névroses des trentenaires d’aujourd’hui. Deux jeunes amis partent en vacances avec leurs enfants dans la maison familiale de Martin (Mathieu Demy). Mais l’arrivée imprévue de l’exubérante Constance, interprétée avec talent par Romane Bohringer, rarement aperçue au cinéma dans un rôle comme celui-ci à contre-emploi, va bouleverser la petite bande. Justesse au lieu de caricature, c’est cela la force du film. On rit des facéties de Constance face à la garce frigide qu’interprète Laurence Côte… Les personnages frappent donc par leur authenticité, et on se laisse porter par ce film inspiré par les expériences propres du réalisateur et de sa coscénariste. Un film vrai qui raconte comment, de nos jours, les trentenaires peinent à assumer leurs responsabilités d’adultes et de parents. Un bon moment à passer aussi avec les bonus.
Sophia
People Are Like the Seasons
Attention, il ne s’agit pas du tout de la Sofia de la Star Academy France, ni de celle de la version libanaise, loin de là… Après un live, c’est le quatrième album de Sophia qui vient de sortir. De la musique ténébreuse pour l’ancien du groupe God Machine. Sur la pochette, c’est complètement l’automne, les feuilles sont mortes et la couleur la plus gaie est le beige. Aujourd’hui, Sophia, qui aimait autrefois décrire ses souffrances en offrant aux auditeurs des morceaux tels des complaintes âcres et animées, s’est apaisée. Les fans seront probablement déçus de cette musique un peu plus banalisée que l’on retrouve ici. Néanmoins, les titres sont musclés et sur certains la voix de Robin Prosper-Sheppard, alias Sophia, n’est pas sans rappeler celles de Lou Reed ou de Mick Jagger. À ne pas écouter en cas de déprime.
7 ans de mariage
Didier Bourdon
Mariés depuis sept ans, Audrey (Catherine Frot) et Alain (Didier Bourdon) s’enlisent dans la routine. Ils ont une petite fille, Camille, et travaillent tous les deux. Le quotidien a usé leur désir. Audrey est rigide, cassante, tandis qu’Alain se promène en cachette sur des sites pornographiques. Suite aux conseils d’un ami sexologue, le couple va mettre en pratique ses fantasmes… ensemble. Pour premier film (en solo), Didier Bourdon (Les inconnus) n’a pas choisi la facilité : faire rire sur le thème du couple et de la sexualité. Pari délicat donc, mais parfaitement réussi. 7 ans de mariage s’avère être drôle, juste et pertinent. Les acteurs, secondés par d’excellents personnages, s’en donnent à cœur joie. Catherine Frot est épatante dans le rôle de la femme qui s’épanouit jour après jour dans sa vie sexuelle. Habitué aux scènes et aux répliques qui font mouche, Bourdon offre aux spectateurs des moments hilarants, avec talent et sensibilité. Un état des lieux de l’amour bien réjouissant, à voir à deux.
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR MÉDÉA AZOURI HABIB
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