Peu après l’attentat manqué contre son fils Oudaï en 1998, le président déchu Saddam Hussein avait ordonné à un calligraphe irakien de rédiger le Coran avec son sang, raconte à Amman cet artiste qui dit qu’il recevait régulièrement des ampoules de sang présenté comme celui de Saddam.
« Saddam Hussein m’avait convoqué à l’hôpital Ibn Sina à Bagdad où il était au chevet de son fils Oudaï, victime d’une tentative d’assassinat quelques jours plus tôt, et il m’a demandé de calligraphier le Coran avec son propre sang. Il s’agissait d’un vœu », raconte Abbas Shaker Jawdeh. Ce calligraphe, renommé en Irak et dans le monde arabe, réfugié en Jordanie avec sa femme et ses trois enfants, affirme qu’il s’était immédiatement mis à l’œuvre pour rédiger les 114 chapitres du Coran, une mission qui lui a pris deux ans. L’œuvre, au format 35x35 cm, a ensuite été exposée dans le musée Oum al-Maarek (mère de toutes les batailles) à Bagdad.
« La tâche n’était pas aisée. On m’a donné un premier flacon de sang du raïs et je me suis immédiatement mis au boulot, présentant une semaine plus tard un projet d’une page pour approbation d’un comité formé spécialement pour l’occasion », ajoute-t-il. Le rôle de ce comité d’experts était d’étudier non seulement la précision du texte, mais aussi de « s’assurer que le sang survivrait aux ravages du temps », dit-il. « Ce n’était pas facile. Le sang était trop dense et je n’arrivais pas à travailler avec. Un ami laborantin m’a conseillé de le mélanger avec quelques gouttes d’un composé qu’il m’a fourni et qui ressemblait à du glucose. Cela a marché », ajoute-t-il.
Son épouse Najah affirme qu’elle avait des « frissons » chaque fois qu’elle ouvrait le réfrigérateur dans leur cuisine. « Je voyais une ampoule de sang du président et je tremblais », dit-elle. « J’ai dit à Abbas que son mal des yeux était peut-être un signe du bon Dieu qui était fâché », ajoute-t-elle. Le calligraphe admet avoir eu des doutes sur la légitimité religieuse de son œuvre, mais, dit-il, « je n’avais pas le choix. Dire non à Saddam équivalait à une condamnation à mort ». Cet homme de 53 ans affirme n’avoir jamais quitté l’Irak avant sa venue en Jordanie. « Je n’avais même pas de passeport, on m’interdisait d’en avoir parce que les autorités voulaient s’assurer que je reste en Irak », ajoute-t-il.
Depuis l’invasion américaine, il n’est plus retourné en Irak où sa première femme et leurs quatre enfants habitent toujours. Sa réaction lorsqu’il a vu les images de Saddam Hussein arrêté ? « Je ne veux pas parler politique. Je suis un artiste », dit-il sobrement.
Peu après l’attentat manqué contre son fils Oudaï en 1998, le président déchu Saddam Hussein avait ordonné à un calligraphe irakien de rédiger le Coran avec son sang, raconte à Amman cet artiste qui dit qu’il recevait régulièrement des ampoules de sang présenté comme celui de Saddam.
« Saddam Hussein m’avait convoqué à l’hôpital Ibn Sina à Bagdad où il était au chevet de son fils Oudaï, victime d’une tentative d’assassinat quelques jours plus tôt, et il m’a demandé de calligraphier le Coran avec son propre sang. Il s’agissait d’un vœu », raconte Abbas Shaker Jawdeh. Ce calligraphe, renommé en Irak et dans le monde arabe, réfugié en Jordanie avec sa femme et ses trois enfants, affirme qu’il s’était immédiatement mis à l’œuvre pour rédiger les 114 chapitres du Coran, une mission qui...
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