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RETROSPECTIVE 2003 Israéliens et Palestiniens finissent 2003 dans le doute

Israéliens et Palestiniens, qui ont connu cette année quelques brefs moments d’espoir dans leurs efforts pour régler leur conflit, finissaient 2003 sur une note pessimiste.
Début juin, à Aqaba (Jordanie), le président américain George W. Bush lançait la «feuille de route», plan de paix préparé par le quartette (Union européenne, États-Unis, Onu, Russie). Une embellie semblait alors possible.
Flanqué du Premier ministre israélien Ariel Sharon et du Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, M. Bush croyait alors déceler « les premiers signes de la paix » au moment où les deux parties s’engageaient sur la voie devant aboutir à un État palestinien indépendant.
Mais six mois après, M. Sharon a préparé son opinion publique à des « mesures unilatérales », et M. Abbas a jeté l’éponge après avoir perdu lors d’une épreuve de force avec Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne, qui malgré deux ans de confinement imposé par l’armée israélienne, n’a pas perdu de son influence.
Avec un président Bush, concentré sur les prochaines élections américaines dans un an, l’objectif de la «feuille de route» prévoyant la création d’un État palestinien d’ici à 2005 paraît de plus en plus irréaliste.
En janvier, le faucon Ariel Sharon a en effet remporté une large victoire électorale face à la colombe Amram Mitzna, dont le Parti travailliste a enregistré le pire score de son histoire.
Face au refus de M. Sharon de dialoguer avec lui, M. Arafat a finalement cédé aux pressions internationales et accepté de nommer pour la première fois un chef de gouvernement en la personne de Mahmoud Abbas. Mais Ariel Sharon a reproché à celui-ci de n’avoir « rien fait » pour « démanteler les organisations terroristes ».
La trêve décrétée par une douzaine de groupes palestiniens, dont les islamistes du Hamas, n’aura duré que de la fin juin jusqu’à la mi-août. Après un attentat-suicide ayant fait 22 morts à Jérusalem, Israël éliminera alors un haut responsable du Hamas.
Le dernier attentat-suicide commis sur le sol israélien (21 morts, à Haïfa) remonte au début du mois d’octobre. Il a été suivi par un raid de l’aviation israélienne près de Damas en Syrie.
Pessimiste, le chef du Shin Beth, le service de la sécurité intérieure israélienne, Avi Dichter, a averti cette semaine que le fait qu’il n’y ait pas eu d’attentats depuis celui de Haïfa constituait une dangereuse « illusion », ajoutant que 20 tentatives d’attentats avaient été déjouées.
Le nouveau Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï, qui a pris ses fonctions en novembre, a jusqu’à présent échoué dans ses tentatives pour instaurer une nouvelle trêve.
Les dirigeants israéliens, convaincus apparemment qu’un accord ne peut intervenir avec les Palestiniens, ont commencé à évoquer des « mesures unilatérales » qui comprendraient l’évacuation d’un nombre limité de colonies.
Les Palestiniens redoutent que ces mesures incluent une annexion des secteurs de Cisjordanie où sont installés la majorité des colons.
M. Sharon se préparait également à une épreuve de force avec les colons israéliens, qui ont promis de mener une « guerre » s’il démantelait des colonies habitées.
Les relations d’Israël avec Washington se sont pour leur part tendues durant l’année, à propos de la ligne de séparation qu’Israël érige en Cisjordanie et que le président Bush a critiquée, comme l’a fait l’ensemble de la communauté internationale.
La décision du secrétaire d’État américain Colin Powell de recevoir les deux principaux responsables de l’Initiative de Genève, plan de paix officieux lancé le 1er décembre, a également été critiquée par le gouvernement Sharon.
Bien que rejeté catégoriquement par Ariel Sharon et accepté sans enthousiasme par la direction palestinienne, ce plan, qui a retenu l’attention à l’étranger, ainsi que les 200 000 signatures d’Israéliens et de Palestiniens mobilisées en faveur d’un autre programme du paix, ont marqué le réveil du camp de paix en Israël.
Israéliens et Palestiniens, qui ont connu cette année quelques brefs moments d’espoir dans leurs efforts pour régler leur conflit, finissaient 2003 sur une note pessimiste.Début juin, à Aqaba (Jordanie), le président américain George W. Bush lançait la «feuille de route», plan de paix préparé par le quartette (Union européenne, États-Unis, Onu, Russie). Une embellie semblait alors possible.Flanqué du Premier ministre israélien Ariel Sharon et du Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, M. Bush croyait alors déceler « les premiers signes de la paix » au moment où les deux parties s’engageaient sur la voie devant aboutir à un État palestinien indépendant.Mais six mois après, M. Sharon a préparé son opinion publique à des « mesures unilatérales », et M. Abbas a jeté l’éponge après avoir perdu lors...