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RETROSPECTIVE 2003 Rugby La Coupe du monde des classes

La Coupe du monde en Australie, remportée par l’Angleterre et dénuée de toute surprise, a confirmé l’existence de plusieurs classes distinctes, principalement déterminées par les moyens financiers, un phénomène qui pourrait, à terme, réduire l’influence du rugby sur la planète.
L’idée a d’abord germé dans l’esprit des Anglais. Candidats à l’organisation du Mondial 2007, finalement attribué à la France, ils avaient proposé la mise en place d’une compétition à deux vitesses, réunissant d’un côté les seize meilleures équipes et de l’autre vingt équipes émergentes. Au passage, l’Angleterre promettait de générer 145 millions d’euros de revenus.
Enterrée par l’International Board (IRB, organe suprême du rugby) en avril dernier à Dublin, la proposition anglaise a rencontré un certain écho au-delà des océans lors de la Coupe du monde 2003 qui a laissé transparaître d’énormes disparités entre les équipes.
Pêle-mêle, les naufrages de la Géorgie et de l’Uruguay face à l’Angleterre (84-6 et 111-13), de la Roumanie face à l’Australie (90-8), des Tonga face à la Nouvelle-Zélande (91-7), et surtout de la Namibie face aux Australiens (142-0) ont réveillé certaines interrogations sur le format de la compétition à vingt équipes.
Condamnées à la déroute face aux meilleurs, à l’approche très professionnelle, les nations mineures guettent les matches face à des adversaires à leur portée pour décrocher une victoire.
Circonstance aggravante : ces équipes n’ont pas été avantagées par la programmation influencée par les télévisions et qui les a souvent contraintes à enchaîner plusieurs matches dans un laps de temps réduit.
Ainsi, même l’Argentine, quart de finaliste en 1999, a été contrainte d’affronter l’Irlande dans un match décisif pour la qualification en quarts de finale quatre jours après avoir battu la Roumanie.

Occasion unique
Surtout, la Coupe du monde constitue pour ces nations considérées comme mineures l’une des rares occasions de se frotter aux « gros ».
L’Angleterre, la France, voire l’Irlande pour l’hémisphère Nord, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l’Australie au Sud se rencontrent souvent entre elles, mais laissent peu de places aux petits et aux moyens.
L’exemple argentin est là aussi révélateur. Les Pumas, qui ont battu la France à trois reprises en 2002 et 2003, peinent à entrer dans le cercle fermé des grands en raison de moyens financiers insuffisants et de droits de télévision conséquents.
Dans ce cadre, l’appel lancé par le demi de mêlée Agustin Pichot, après l’élimination face à l’Irlande, constitue un réquisitoire contre le système en vigueur.
« Je pense sincèrement, a clamé le joueur argentin, que, tant qu’il n’y aura pas d’équité, la Coupe du monde continuera de présenter un même visage : vous aurez tout un tas d’équipes qui, comme cette année, encaisseront 80 points en première phase et, au bout du compte, les huit sélections les plus puissantes qualifiées pour les quarts de finale. »
Le message est clair : déjà cantonné sur le plan géographique (nations britanniques, France, Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud), le rugby doit veiller à encourager les nations émergentes, sous peine de réduire sensiblement sa zone d’influence.
Ainsi, les promesses affichées par le Japon et les États-Unis, le vent de fraîcheur apporté par le Samoa et le renouveau porté par le pays de Galles constituent des signes d’espoir. À entretenir impérativement pour donner davantage de crédit à la première phase de la Coupe du monde 2007, qui rassemblera encore vingt équipes.
La Coupe du monde en Australie, remportée par l’Angleterre et dénuée de toute surprise, a confirmé l’existence de plusieurs classes distinctes, principalement déterminées par les moyens financiers, un phénomène qui pourrait, à terme, réduire l’influence du rugby sur la planète.L’idée a d’abord germé dans l’esprit des Anglais. Candidats à l’organisation du Mondial 2007, finalement attribué à la France, ils avaient proposé la mise en place d’une compétition à deux vitesses, réunissant d’un côté les seize meilleures équipes et de l’autre vingt équipes émergentes. Au passage, l’Angleterre promettait de générer 145 millions d’euros de revenus.Enterrée par l’International Board (IRB, organe suprême du rugby) en avril dernier à Dublin, la proposition anglaise a rencontré un certain écho...