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Ullrich, l’éternel revenant

Fantôme du peloton cycliste jusqu’au printemps, Jan Ullrich a joué l’éternel revenant du Tour de France qu’il a terminé à une nouvelle et surtout frustrante deuxième place.
La répétition a valeur de mauvaise habitude pour le coureur allemand. À Paris, celui qui reste le seul coureur de son pays à figurer au palmarès (1997) de la Grande Boucle est monté pour la cinquième fois sur la deuxième marche du podium des Champs-Élysées (1996, 1998, 2000, 2001, 2003). Encore une fois et le record du Néerlandais Joop Zoetemelk – entre 1970 et 1982 – sera égalé ! S’il est passé cette fois très près de la victoire, envisageable encore jusqu’à la veille de l’arrivée, Ullrich s’est consolé apparemment sans trop de peine. Heureuse nature, le champion olympique de Sydney a préféré privilégier les côtés encourageants de cette année du retour.
Après sa double intervention chirurgicale (genou) de 2002 et sa suspension due à un contrôle positif, l’Allemand a alimenté malgré lui la chronique des coulisses du cyclisme. Son équipe Coast, suspendue à deux reprises pour des problèmes financiers, a cessé d’exister au printemps.
Il a patienté jusqu’à la mi-mai avant de connaître le nom du repreneur, le constructeur de cycles Bianchi.
Ces aléas ont soulagé le coureur de Rostock d’un surcroît de responsabilités. Au contraire de Lance Armstrong, grandissime favori épié de tous, il a accompli une première partie du Tour dans un relatif anonymat. Jusqu’à son coup d’éclat dans le premier grand contre-la-montre (Cap’Découverte), jusqu’à cet exploit digne du meilleur Ullrich qui était jadis promis par ses aînés à la série réalisée finalement par son rival américain dans la Grande Boucle.

Encore trois chances
La vague Ullrich, embellie par le dessin retrouvé du mythique maillot Bianchi, a déferlé alors sur le Tour et sur l’Allemagne qui a facilement pardonné à son enfant chéri ses nombreux écarts du passé et sa trajectoire d’étoile le plus souvent filante. « S’il y a eu une seule faute, c’est lui qui l’a faite », a pourtant résumé ensuite Alain Gallopin, l’un des directeurs sportifs de Bianchi.
Est-il besoin de souligner sa fragilité tactique, dans un sport qui accorde sa place au bluff et aux coups d’audace, son dilettantisme de surdoué au moment de livrer le duel du dernier chrono du Tour à Nantes, sa regrettable difficulté à prolonger la saison au-delà du mois d’août ? Ullrich, star retrouvée de tout un pays conquis par le cyclisme, a réintégré le bercail Telekom. Un an seulement après l’avoir quitté. Un an d’expériences diverses et somme toute enrichissantes, malgré le conflit qui l’oppose à son employeur pour salaires non versés depuis plusieurs mois.
Sous le maillot magenta, le nouveau chargé de famille retrouve une équipe renforcée avec des coéquipiers susceptibles de l’aider à déstabiliser Armstrong. Lui se donne encore trois chances de gagner le Tour de France, l’épreuve majeure qui lui échappe régulièrement depuis 1997. Peut-on espérer qu’à 30 ans, le plus grand talent du cyclisme (dixit son directeur sportif Walter Godefroot) tienne enfin ses immenses promesses ?
Fantôme du peloton cycliste jusqu’au printemps, Jan Ullrich a joué l’éternel revenant du Tour de France qu’il a terminé à une nouvelle et surtout frustrante deuxième place.La répétition a valeur de mauvaise habitude pour le coureur allemand. À Paris, celui qui reste le seul coureur de son pays à figurer au palmarès (1997) de la Grande Boucle est monté pour la cinquième fois sur la deuxième marche du podium des Champs-Élysées (1996, 1998, 2000, 2001, 2003). Encore une fois et le record du Néerlandais Joop Zoetemelk – entre 1970 et 1982 – sera égalé ! S’il est passé cette fois très près de la victoire, envisageable encore jusqu’à la veille de l’arrivée, Ullrich s’est consolé apparemment sans trop de peine. Heureuse nature, le champion olympique de Sydney a préféré privilégier les côtés...