« Le problème c’est lorsqu’une personne commence à croire qu’elle a été choisie sur son mérite, alors que son unique vertu c’est de bien porter le costard-cravate », estimait sans ambages le quotidien AS, au lendemain du naufrage (4-1) du Real à Séville il y a deux semaines. Cette rencontre a fait basculer l’opinion au sujet du technicien portugais. Privé de défenseurs latéraux, Queiroz avait opté pour un schéma défensif inédit et surtout peu logique, avec Pavon défenseur central en arrière droit et une charnière avec le jeune Ruben.
Vingt-cinq minutes et trois buts plus tard, Queiroz avait remplacé Ruben en pleurs. La presse qualifiait aussitôt le choix de l’équipe alignée de « suicidaire », « incompréhensible » et « idiot ». Depuis, le programme de radio Tirachinas de la Cope répète régulièrement que Queiroz est « fou ».
La presse est à nouveau montée sur ses grands chevaux la semaine dernière quand Queiroz a commis le crime de lèse-majesté de dire qu’il donnerait le Ballon d’or à l’Italien Paolo Maldini et non à un des « Galactiques ».
Dimanche, les critiques après le match contre Albacete, gagné péniblement (2-1), ne sont pas tues. Au contraire. « Quelle idée de mettre Ronaldo au repos alors que le match de Marseille en C1 vaut pour du beurre. C’est à Marseille qu’il faut faire tourner les stars. Pas en Liga. Je crois que Queiroz devrait s’appliquer les rotations à lui-même », critiquait la radio Cadena Ser pendant la rencontre.
Malaise
Au sein de l’effectif, les joueurs font mine de faire confiance au Portugais. « C’est lui qui entraînait Manchester United, Ferguson reste dans les bureaux et Manchester a remporté des titres », a affirmé Roberto Carlos. « On jugera Queiroz à la fin de l’année », a estimé Raul.
Mais, ces déclarations de façade ne masquent pas un malaise au sein de l’effectif. Ronaldo se serait plaint à plusieurs reprises des remplacements de Queiroz. Guti fait état de son mécontentement, et de nombreux joueurs ont montré leur soutien à Ruben.
« Il n’a pas les épaules pour le Real. C’est trop grand pour lui », poursuit AS. L’inexpliquable mise à l’écart à la fin de la saison dernière de Vicente del Bosque a laissé des traces.
« Il présente mieux que Del Bosque, c’est sûr. Ce n’était pas dur, explique une journaliste qui couvre le Real. Il parle plusieurs langues. C’est un quinquagénaire au look de quadra. Mais il ne connaît pas le Real et connaît-il vraiment le football. C’est le royaume du paraître. On critiquait Del Bosque pour le manque de jeu. Queiroz ne l’a pas amélioré. Au contraire. Et, il a Beckham en plus. »
Mais le président du Real Florentino Perez savait peut-être ce qu’il faisait en engageant Queiroz (qui touche d’ailleurs trois fois moins d’argent que Del Bosque). Comme la presse hésite en effet à critiquer les stars pour se concentrer sur l’entraîneur, il lui sera plus facile de le remplacer en cas de grosse tempête.

