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Interview Chantal Goya, absolument fabuleuse(PHOTO)

La cousine de Bécassine est de retour. L’amie des petits, leur idole depuis vingt-cinq ans, a fait un formidable come-back en 2000, dans une version remixée de sa personne et de ses chansons. Un parfum d’hier flotte encore sur elle et dans le regard de ces enfants devenus grands ; de jeunes parents heureux de retrouver une Chantal Goya intacte, même si réactualisée, et de la partager à leur tour... avec leurs enfants. « Je suis le souvenir de leur enfance. »
Ce n’est pas Marie-Rose, son personnage fétiche, mais bien Chantal Goya qui nous reçoit ce matin, dans la suite de son hôtel. Veste et pantalon beige, avec des chaussures rouges ; le détail contes de fées – Cendrillon qui souligne ce côté gai et surprenant toujours présent en elle. « Je suis du signe des Gémeaux ; la fille qui sait parler aux petits et l’autre, celle qui sait se battre. » Exit donc, ce matin, les habits de scène. La chanteuse est là, en toute simplicité et franchise, pour répondre à nos questions. « Je n’ai jamais triché, j’ai toujours dit ce que je pensais, sans avoir peur d’être vraie. » Sa robe magique, elle la remettra demain samedi et dimanche 23 novembre au Biel, lors de son spectacle Le monde merveilleux de Chantal.
Le monde de Chantal a, en effet, longtemps été merveilleux. Succès au cinéma, elle a fait partie, ce qui surprendrait plus d’un, de la « nouvelle-vague », intellectuels en herbe, réalisateurs et acteurs des années 60-70. Elle a joué dans plusieurs films dont Masculin-Féminin, de Jean-Luc Godard, L’amour, c’est gai, l’amour, c’est triste de Jean-Daniel Pollet, ou encore Trop, c’est trop de Didier Kaminka. Son conte de fées commence vraiment lorsque, à 16 ans à peine, elle rencontre Jean-Jacques Debout, l’auteur-compositeur de Sylvie Vartan, Johnny Hallyday et les autres vedettes du moment. Il lui écrit quelques succès, c’est la période yé-yé, l’épouse et construit avec sa complicité des personnages, des spectacles et un monde merveilleux. Les shows, grandioses, vont combler les salles parisiennes et internationales. « Un spectacle de Marie-Rose coûte environ 6 millions d’euros. Tout est créé à la méthode ancienne, peint à la main », explique-t-elle. Le succès est conséquent.

Renaissance
Chantal Goya, ou son double Marie-Rose, a su, très vite, parler aux enfants, les entraîner dans une Danse des canards qu’ils n’ont toujours pas oubliéé, et les transporter dans un monde où vivent en toute harmonie Bécassine, Tintin, Guignol, Davy Crockett, Pandi Panda et le Chat Botté. Bruno Coquatrix dira d’elle, après un premier spectacle donné à l’Olympia au profit d’œuvres caritatives: « Elle vient d’ouvrir les portes du music-hall pour les enfants. » Mais le monde, dehors, n’est pas si merveilleux. Il est aussi fait de jalousie et de cynisme. Le 13 décembre 1985, Chantal Goya est invitée, dans le décor de son spectacle, à participer à l’émission de Patrick Sabatier, Le jeu de la vérité. Un piège en direct. « On m’a cassée. Je dérangeais beaucoup de gens. » Durant un long moment, on ne parlera plus que des malheurs de Chantal et Jean-Jacques. Mais rien ne va altérer son énergie, son optimisme et son amour pour les enfants. « Ils ont encore besoin de rêver, surtout aujourd’hui. » En 2000, elle accepte de participer au film Absolument fabuleux, dans son propre rôle. Elle y joue – à fond – le jeu de l’autodérision, dans une robe signée Jean-Paul Gautier. Bécassine, c’est ma cousine remixée par Jean-Jacques Goldman, devient Becassine is my Cousine. La B.O. du film est en tête des ventes. 40 boîtes de nuit, dont le célèbre « Queen » parisien, font danser une nouvelle génération sur les tubes de Chantal, qui se produit même sur scène. Elle chante également en première partie de La Nuit des publivores dont elle est marraine depuis 2002. « Aujourd’hui, je reviens pour un public plus branché, mais qui me demande aussi des spectacles pour ses enfants. » Peu rancunière quant au passé, elle rajoute: « La vie se charge de remettre les choses à leur place. » Aujourd’hui, Chantal a retrouvé le Liban qu’elle adore, rappelons qu’elle s’y est courageusement produite une première fois en 1991. Elle tient à préciser que « la dernière fois que j’ai chanté au Liban, en 2000, il y a eu un problème – dont je n’étais pas responsable – avec les décors qui ne sont pas arrivés. » Cette année, elle a ramené dans ses bagages huit décors, une quinzaine de personnages et 22 chansons dont trois remix. Elle vient d’être décorée par Madame Andrée Lahoud de la médaille de l’ordre national du Cèdre et prépare un livre sur sa vie et sa carrière.
Revenue en force, elle confirme enfin ce qu’elle a dit à tous ses détracteurs dans le film Absolument fabuleux : « Il vaut mieux être une has been qu’une has never been. »

Carla HENOUD
La cousine de Bécassine est de retour. L’amie des petits, leur idole depuis vingt-cinq ans, a fait un formidable come-back en 2000, dans une version remixée de sa personne et de ses chansons. Un parfum d’hier flotte encore sur elle et dans le regard de ces enfants devenus grands ; de jeunes parents heureux de retrouver une Chantal Goya intacte, même si réactualisée, et de la partager à leur tour... avec leurs enfants. « Je suis le souvenir de leur enfance. »Ce n’est pas Marie-Rose, son personnage fétiche, mais bien Chantal Goya qui nous reçoit ce matin, dans la suite de son hôtel. Veste et pantalon beige, avec des chaussures rouges ; le détail contes de fées – Cendrillon qui souligne ce côté gai et surprenant toujours présent en elle. « Je suis du signe des Gémeaux ; la fille qui sait parler aux petits et...