Les coups militaires et financiers infligés par Israël au mouvement islamique Hamas l’été dernier et les critiques émises par les États-Unis contre la poursuite de la politique israélienne de colonisation en Cisjordanie sont considérés comme des facteurs pouvant favoriser un compromis. L’analyste palestinien Zakaria el-Qaq met toutefois en garde sur l’effet que pourraient avoir les difficultés rencontrées par Washington en Irak sur le moral des groupes radicaux palestiniens. « L’influence des événements en Irak sur la situation entre Israël et les Palestiniens ne doit pas être sous-estimée », indique M. Qaq.
Des tirs de roquettes, des voitures piégées et des attaques-suicide commis par la guérilla antiaméricaine ont amené les États-Unis à appeler une transition rapide vers un pouvoir civil en Irak.
Un retrait américain d’Irak, même partiel, serait considéré dans le monde arabe comme une victoire de la « résistance irakienne », prévient M. Qaq. « Plus les troupes américaines subissent de revers, plus les groupes palestiniens seront encouragés à poursuivre leur résistance et un désengagement américain en Irak aurait des conséquences imprévisibles sur la situation entre Israéliens et Palestiniens », poursuit-il.
Il existe un fort mouvement de sympathie parmi les Palestiniens pour le président irakien déchu Saddam Hussein, qui avait l’habitude de verser de l’argent aux familles de Palestiniens tués ou dont la maison était détruite par l’armée israélienne.
Selon Ziad Abou Amr, un député palestinien, les islamistes palestiniens veulent obtenir beaucoup de concessions avant d’accepter de poser les armes. « Hamas et le Jihad islamique brandissent la bannière de la résistance dans la région et le monde arabe, désormais ils ont des concurrents en Irak et ils ne renonceront pas facilement à leur réputation », prévoit M. Abou Amr, qui avait participé à la précédente trêve conclue à la fin juin et qui a pris fin à la mi-août. « C’est dur pour les groupes palestiniens de refuser de parler de trêve, surtout lorsque l’offre provient des Égyptiens, mais la situation en Irak va se traduire au minimum par un durcissement des positions des islamistes », ajoute-t-il.
Il prévoit que les groupes pourraient accepter une trêve, mais uniquement en échange de garanties israéliennes et d’un changement dans le paysage politique palestinien qui leur permettrait d’exercer une forme de pouvoir.


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