Sauf que, justement, l’image de la démocratie est parfois ternie par des querelles partisanes, lesquelles, en fonction de leur degré d’intensité, rappellent parfois étrangement les vieilles dissensions miliciennes. Ainsi, vendredi, à l’AUB, le Parti syrien national social (PSNS) et le Mouvement du peuple de l’ancien député Najah Wakim se sont fait une petite guerre à coups de communiqués, une affaire qui a nécessité la publication d’un communiqué par le dean of students, Marwan Kesrouani.
Selon un tract distribué par le Mouvement du peuple sur le campus de l’AUB, l’affaire a commencé par un clash verbal jeudi entre un militant du PSNS, Gebran Abdel-Khalek, et un autre du Mouvement du peuple, Ziad Matraji – qui fait suite, apparemment, à une campagne du PSNS contre le courant de Najah Wakim (réputé très populaire à l’AUB) – et s’est poursuivie avec le tabassage de M. Matraji par un autre membre du PSNS, Haïtham Ahouach. De son côté, un tract publié par le PSNS accuse certains étudiants pro-Najah Wakim d’avoir « spolié les fonds » du SRC et de « susciter des sentiments confessionnels ». Le PSNS s’en est également pris au groupuscule de gauche « Sans frontières », « qui s’est réveillé d’un long sommeil grâce au haschisch de la Békaa (...) pour appuyer le Mouvement du peuple ». Toujours est-il que les deux parties ont quasiment atteint le degré zéro du politique.
Réaction de
l’administration
Le dean of students, Marwan Kesrouani, a fait paraître un communiqué dans lequel il a dénoncé « la distribution de tracts qui portent atteinte au corps estudiantin et à l’université ».
« Le dean of students tient à préciser que les deux parties concernées se sont réunies dans son bureau et ont affirmé comprendre le danger consistant à jeter encore plus d’huile sur le feu. Elles ont convenu que le fait de s’emporter et de réagir instinctivement sur base de malentendus porte atteinte à la vie universitaire (...) », a poursuivi le communiqué.
M. Kesrouani a enfin appelé les étudiants à être « les pionniers du changement dans leur pratique de la liberté et de la démocratie ».
M. H. G.

