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HUMEUR Le beau métier de libraire... hélas!

Un auteur français, invité au Salon «Lire en français et en musique», se pointe au stand de la – grande – librairie où il doit signer le lendemain, pour voir si ses précédents romans y sont disponibles. L’écrivain s’adresse à une première vendeuse, qui ne comprend à l’évidence pas un mot de français. Passons. Après tout, on peut se dire que nous ne sommes pas en France. Même dans un établissement connu pour son stock largement francophone.
L’écrivain se tourne vers une autre vendeuse – ou manutentionnaire? – qui, elle, ne reconnaît pas non plus le visage (en couverture de l’ouvrage, bien placé en devanture), ni le nom de son interlocuteur. Elle aussi, regard égaré et grandes exclamations, ne saisit rien à la demande – pourtant claire – de l’auteur: «Je m’appelle X, je signe chez vous mon dernier livre Y. J’aimerais savoir si vous avez également mes précédents ouvrages?» Il lui faut attendre la responsable de la librairie pour obtenir enfin une réponse. Inutile de préciser l’étonnement teinté d’exaspération de l’invité!
Et là, tout à coup, on ne peut s’empêcher de regretter la fermeture d’une des rares vraies librairies de la place, avec un vrai libraire, c’est-à-dire un homme passionné de livres. Un monsieur qui était entouré d’un staff qualifié. Une équipe formée à un métier complexe, de culture autant sinon plus que de commerce. Une équipe qui savait accueillir les clients, répondre à leurs demandes, les aider dans leurs choix, leur suggérer des titres intéressants... Avec d’autant plus de justesse que ces deux dames étaient elles-mêmes de grandes lectrices. Et qu’on ne les voyait jamais sans un livre ouvert devant elles. Pas de malentendu à craindre dans ce foyer de littérature.
Malheureusement, Dédicace, car c’est bien de cette librairie dont on parle, est en liquidation. Wadih Audi, son propriétaire, affirme qu’il en est arrivé là à cause de la crise et de «la dégradation du livre au Liban». Lui, qui se définissait comme un «artisan-libraire» et non comme un boutiquier, a été sans doute trop sélectif. Dans une société qui ne l’est pas assez!
La preuve, le petit incident qu’on vous a relaté au début. Un début qui marque la fin d’un esprit déterminé.
Zéna ZALZAL
Un auteur français, invité au Salon «Lire en français et en musique», se pointe au stand de la – grande – librairie où il doit signer le lendemain, pour voir si ses précédents romans y sont disponibles. L’écrivain s’adresse à une première vendeuse, qui ne comprend à l’évidence pas un mot de français. Passons. Après tout, on peut se dire que nous ne sommes pas en France. Même dans un établissement connu pour son stock largement francophone. L’écrivain se tourne vers une autre vendeuse – ou manutentionnaire? – qui, elle, ne reconnaît pas non plus le visage (en couverture de l’ouvrage, bien placé en devanture), ni le nom de son interlocuteur. Elle aussi, regard égaré et grandes exclamations, ne saisit rien à la demande – pourtant claire – de l’auteur: «Je m’appelle X, je signe chez vous mon...