Le parquet général russe a saisi hier une part majeure des actions du groupe pétrolier Ioukos, détenue par deux sociétés enregistrées à l’étranger mais considérée par les enquêteurs comme appartenant au patron du groupe Mikhaïl Khodorkovski, sous les verrous depuis samedi. Cette décision a aussitôt été interprétée par les analystes comme le signe d’une expropriation probable de M. Khodorkovski, un « oligarque » de 40 ans, à l’issue d’une campagne de poursuites judiciaires considérée comme inspirée en haut lieu à la fois en raison de la montée en puissance et de l’indépendance de son groupe, de ses ambitions politiques et de son soutien à l’opposition. Selon le parquet, le paquet saisi, qui comporte plus d’un milliard de titres, constitue 53 % du capital, soit une majorité de contrôle du groupe. Mais le porte-parole de Ioukos, Alexandre Chadrine, a déclaré que le paquet ne constituait que 44 % des parts, après une augmentation de capital enregistrée officiellement mercredi. Ioukos a précisé que les actions saisies ne pouvaient être vendues mais pouvaient permettre d’exercer un droit de vote pour les décisions du groupe. « La saisie a été effectuée dans le cadre de l’enquête criminelle contre M. Khodorkovski, dans le but de garantir la compensation des préjudices financiers », a indiqué le parquet. Le protocole de saisie affirme que les actions saisies « appartiennent dans la pratique à Mikhaïl Khodorkovski », inculpé samedi d’escroquerie et d’évasion fiscale à grande échelle, selon une source à la banque Trust où a été effectuée la saisie, appartenant comme Ioukos à la holding Menatep contrôlée par M. Khodorkovski.
Le parquet a affirmé samedi que les préjudices causés par M. Khodorkovski et par son principal associé Platon Lebedev, arrêté en juillet, dépassaient le milliard de dollars. Selon le parquet, les actions saisies sont détenues par les sociétés Hulley Enterprises, enregistrée à Chypre, et Yukos Universal Limited, enregistrée sur l’île de Man, elles-mêmes filiales de la compagnie Group Menatep Limited, enregistrée à Gibraltar.
« 59,5 % des actions de cette (dernière) compagnie appartiennent à Mikhaïl Khodorkovski », a affirmé le parquet. Ioukos considère de son côté la saisie comme « une violation grossière du code de procédure pénale et de la Constitution russe », a déclaré son porte-parole Alexandre Chadrine. « Les actions concernées appartiennent juridiquement aux actionnaires étrangers de Ioukos, Yukos Universal Limited et Hulley Enterprises, qui, c’est largement connu, appartiennent (eux-mêmes) à un groupe entier d’actionnaires privés dont la majorité n’ont pas de lien avec M. Khodorkovski », a déclaré le porte-parole. Le titre du groupe Ioukos à la Bourse de Moscou a clôturé en chute de 14,05 % à 10,40 dollars hier soir.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le parquet général russe a saisi hier une part majeure des actions du groupe pétrolier Ioukos, détenue par deux sociétés enregistrées à l’étranger mais considérée par les enquêteurs comme appartenant au patron du groupe Mikhaïl Khodorkovski, sous les verrous depuis samedi. Cette décision a aussitôt été interprétée par les analystes comme le signe d’une expropriation probable de M. Khodorkovski, un « oligarque » de 40 ans, à l’issue d’une campagne de poursuites judiciaires considérée comme inspirée en haut lieu à la fois en raison de la montée en puissance et de l’indépendance de son groupe, de ses ambitions politiques et de son soutien à l’opposition. Selon le parquet, le paquet saisi, qui comporte plus d’un milliard de titres, constitue 53 % du capital, soit une majorité de contrôle du...