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L’obsession de raconter (phtoo)

Federico Fellini, décédé à l’âge de 73 ans, croyait que le cinéma était « un mode divin pour raconter la vie et faire concurrence au Père éternel ». Ses films, bâtis sur ses propres fantaisies et fantasmes, font désormais partie du patrimoine culturel universel, bien au-delà des frontières de l’Italie. Récompensé par cinq Oscars à Hollywood en 42 ans de carrière, auteur de 24 films, Federico Fellini aimait rappeler que « la mémoire c’est ce qu’on crée, ce qu’on invente ». Il restera pour les cinéphiles l’auteur de la Dolce vita, chronique folle d’une période révolue, toute de nostalgie et de grandiloquence dans une Rome en proie aux délires et aux obsessions. Avec l’inoubliable scène du bain de la Suédoise Anita Ekberg dans la fontaine de Trévi, qui a fait fantasmer toute une génération d’adolescents.
Né le 20 janvier 1920 à Rimini, sur la côte adriatique, dans une famille de la petite bourgeoisie provinciale, Fellini a cherché sa voie d’abord dans le dessin en collaborant à des revues satiriques. Il caricature les clients des restaurants dans sa ville natale, les soldats au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Il écrit des sketches pour la radio, se laisse tenter par le journalisme. Il rencontre alors Roberto Rossellini, le cinéaste du néoréalisme et se tourne vers le septième art. Ils vont travailler ensemble sur les scénarios de Rome ville ouverte et Paisa. Fellini se lance ensuite dans la mise en scène, avec un premier long-métrage en compagnie d’Alberto Lattuada (Les feux du music-hall en 1951). L’année suivante, il est seul derrière la caméra pour Courrier du cœur (ou Le sheikh blanc). Ses premiers films témoignent d’une inspiration fortement néoréaliste. Il dépeint les désœuvrés dans 8 1/2 (avec Claudia Cardinale), qui lui vaut son troisième Oscar, et marque sa véritable entrée dans le monde des fantasmes et de l’introspection. Il donne corps à ses obsessions avec les personnages fantastiques et baroques qui peuplent Satyricon, Roma, Amarcord (Oscar 1974), Casanova, Répétition d’orchestre, La cité des femmes, Et vogue le navire, Ginger et Fred, Intervista, La voix de la lune, son dernier film réalisé en 1990.
Federico Fellini vivait le plus souvent à Rome, Via Margutta, près de la place du Peuple, un quartier proche de la place d’Espagne où on le voyait déambuler seul dans les rues, le visage sombre enroulé dans une écharpe rouge. Dans ses dernières années, il continuait à dessiner sur des cahiers d’écolier les rêves qui ne s’imprimaient plus sur la pellicule. En mars 1993, il avait reçu un Oscar récompensant l’ensemble de sa carrière des mains de Marcello Mastroianni (son «double» de cinéma) et Sofia Loren, devant le tout Hollywood debout pour honorer le grand maître qui, disait-il, aurait bien aimé être magicien.
Federico Fellini, décédé à l’âge de 73 ans, croyait que le cinéma était « un mode divin pour raconter la vie et faire concurrence au Père éternel ». Ses films, bâtis sur ses propres fantaisies et fantasmes, font désormais partie du patrimoine culturel universel, bien au-delà des frontières de l’Italie. Récompensé par cinq Oscars à Hollywood en 42 ans de carrière, auteur de 24 films, Federico Fellini aimait rappeler que « la mémoire c’est ce qu’on crée, ce qu’on invente ». Il restera pour les cinéphiles l’auteur de la Dolce vita, chronique folle d’une période révolue, toute de nostalgie et de grandiloquence dans une Rome en proie aux délires et aux obsessions. Avec l’inoubliable scène du bain de la Suédoise Anita Ekberg dans la fontaine de Trévi, qui a fait fantasmer toute une génération...