L’Iran va faire parvenir très prochainement à l’Agence internationale de l’énergie atomique une lettre l’informant de sa décision de signer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération, a dit le représentant iranien auprès de l’AIEA, Ali Akbar Salehi. En signant, il accepte de se soumettre à des inspections quasiment sans préavis de sites sur son territoire, qu’ils aient ou non été préalablement déclarés. Un projet de texte est prêt et se trouve entre les mains de Hassan Rohani, dirigeant qui gère le dossier, a rapporté M. Salehi. C’est « une question de jours », a ajouté M. Salehi en précisant que l’Iran ne posait « aucune condition » à sa signature. M. Salehi a expliqué que la lettre d’intention iranienne devait d’abord être « endossée » par le conseil des gouverneurs de l’AIEA. Selon lui, le conseil des gouverneurs, organe politique de l’AIEA qui doit se réunir le 20 novembre, doit donner mandat à son directeur général Mohammed el-Baradei pour que celui-ci lance le processus de signature.
L’Iran commencera ainsi à concrétiser un engagement pris la semaine passée. Cela coïncidera à peu près avec l’expiration d’un ultimatum lancé le 12 septembre par l’AIEA. Dix jours avant l’échéance, le 31 octobre, à l’occasion d’une visite sans précédent des ministres allemand, français et britannique des Affaires étrangères, l’Iran a accédé à toutes les exigences de l’AIEA. Il s’est engagé non seulement à signer le protocole additionnel, mais à l’appliquer sans attendre. Il a pris l’engagement de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, grave sujet de préoccupation pour l’AIEA qui sait qu’un pays maîtrisant le cycle complet d’enrichissement n’est plus très éloigné de pouvoir fabriquer l’arme atomique. Il a souscrit à une « totale transparence » et à une « totale coopération » avec l’AIEA. Jeudi, il a déjà remis à l’AIEA un rapport sur ses activités nucléaires passées, comme l’agence le lui réclamait. Un rapport de M. el-Baradei dira prochainement quel crédit l’AIEA accorde à ces informations.
Par ailleurs, des délégations russe et iranienne vont fixer aujourd’hui à Moscou une date pour la signature d’un accord de rapatriement du combustible nucléaire russe que la Russie doit livrer à l’Iran, pour sa centrale de Bouchehr, a indiqué hier une source au ministère de l’Énergie atomique à Moscou. « Ces négociations permettront aussi d’étudier le déroulement des travaux de construction » de la centrale de Bouchehr qui sont pris en charge par la Russie, selon cette source, citée par l’agence Itar-Tass.


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