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Une neutralité qui ne protège plus le cicr

Après 140 années de dévouement au service des victimes de conflits armés, la Croix-Rouge est confrontée à une montée des agressions dans le monde et ne se sent plus protégée par sa neutralité, comme le montre l’attentat dont elle a été victime lundi à Bagdad.
Depuis la fin de la guerre froide, une série d’attentats contre des employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont causé la mort d’au moins 40 personnes.
L’attentat de Bagdad, au cours duquel deux employés du CICR ont été tués, est le deuxième à prendre directement pour cibles des bâtiments de l’organisation humanitaire depuis un attentat en Tchétchénie en 1996. Six représentants du CICR avaient été assassinés de nuit par des inconnus au siège de la Croix-Rouge à Grozny.
« Il s’agit manifestement d’attaques délibérées contre le CICR. Les gens savent qui nous sommes et ce que nous représentons, nous pensons qu’ils cherchent à obtenir le fort impact qui découle d’un attentat contre le CICR », observe la porte-parole Antonella Notari.
La Croix-Rouge, fondée en 1863 par le Genevois Henri Dunant qui avait été un témoin horrifié de la bataille franco-autrichienne de Solférino, en Italie, quatre ans plus tôt, intervient à l’heure actuelle sur 70 terrains d’action dans le monde, la plupart du temps sans être prise pour cible. Mais elle a été victime ces dernières années d’opérations hostiles dans les Balkans, en Afrique centrale, dans d’ex-républiques soviétiques, en Afghanistan et tout récemment en Irak, lorsqu’un de ses employés, sri lankais, a été tué en juillet lors de tirs contre son véhicule.
Ces incidents soulèvent « la question de l’acceptation et de la reconnaissance de la neutralité de notre organisation », note Ian Piper, un autre représentant de l’institution genevoise.
Mais le CICR ne veut pas imaginer qu’il puisse être assimilé à une organisation occidentale. « C’est entièrement faux. L’immense majorité de nos employés sur le terrain est recrutée localement. En Irak, ce sont presque tous des Irakiens », souligne M. Piper.
La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a proposé de créer un troisième symbole visuel, un losange rouge, afin de répondre aux craintes de voir les symboles actuels perçus comme des emblèmes religieux. Partout où il intervient, le CICR s’efforce de prendre discrètement contact avec toutes les parties en présence afin de faire passer son message de neutralité et de dévouement pour les victimes.
Après 140 années de dévouement au service des victimes de conflits armés, la Croix-Rouge est confrontée à une montée des agressions dans le monde et ne se sent plus protégée par sa neutralité, comme le montre l’attentat dont elle a été victime lundi à Bagdad.Depuis la fin de la guerre froide, une série d’attentats contre des employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont causé la mort d’au moins 40 personnes.L’attentat de Bagdad, au cours duquel deux employés du CICR ont été tués, est le deuxième à prendre directement pour cibles des bâtiments de l’organisation humanitaire depuis un attentat en Tchétchénie en 1996. Six représentants du CICR avaient été assassinés de nuit par des inconnus au siège de la Croix-Rouge à Grozny.« Il s’agit manifestement d’attaques délibérées...