Le gouvernement ne peut plus justifier l’affectation de centaines de soldats à la protection de quelque 65 familles dans une telle colonie isolée, ont estimé des hommes politiques et des commentateurs de la presse locale. Une compagnie de chars et au moins un bataillon d’infanterie y sont basés en permanence, estime-t-on, bien que l’armée se refuse à confirmer ces données.
Même situation à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, où 600 colons juifs vivent dans un réduit proche du caveau des Patriarches, vénéré par les juifs et les musulmans, au cœur d’une population palestinienne de 120 000 habitants, sous la garde de 1 200 militaires et policiers. « La frustration née de la futilité de la lutte menée par l’armée contre le terrorisme converge aujourd’hui avec le sentiment de colère grandissant face à la mort inutile de soldats dont la vie, apparemment, ne coûte pas cher, pour la défense de colonies isolées », écrit l’un des éditorialistes du quotidien Yediot Aharanot. « Tôt ou tard, Ariel Sharon sera forcé de dire quelque chose. Pas de vagues promesses ou des menaces voilées, mais une déclaration claire et nette, comme la décision d’évacuer Netzarim et ses colonies sœurs », ajoute le journal. « Maintenir ces colonies est une folie. Nous devons évacuer toutes ces colonies qui détériorent la situation sécuritaire », leur existence étant une permanente source de tension, a déclaré le député Ran Cohen, du Meretz, assurant que les Israéliens, dans leur écrasante majorité, y sont favorables. « Sharon et le Likoud représentent une infime minorité qui veut maintenir ces colonies pour des raisons idéologiques », a-t-il ajouté.
Le malaise concernant le coût à payer pour la défense de ces colonies isolées n’est pas perceptible seulement dans les rangs de l’opposition. « Nous ne devons certes pas récompenser la violence, mais l’heure est venue pour le gouvernement d’avoir une discussion sur l’avenir de Netzarim », a déclaré le ministre de la Justice, Yossef Lapid, du Shinouï, cité par le Haaretz. Mais pour le député Yuval Steinitz, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien, évacuer Netzarim équivaudrait à offrir aux Palestiniens la victoire sur un plateau.


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