L’Italien Valentino Rossi (Honda), déjà sacré champion du monde MotoGP, n’en a pas moins offert un plein d’émotion aux spectateurs de Phillip Island en roulant à la limite de ses capacités et de celles de sa machine pour rattraper le temps paradoxalement perdu en doublant l’Italien Marco Melandri (Yamaha) en début de course.
Il a choisi le mauvais moment, celui où les drapeaux jaunes des commissaires lui interdisaient cette manœuvre. Pénalisé de dix secondes, le quintuple champion du monde a alors entrepris d’effacer ce débit pour franchir la ligne d’arrivée plus de quinze secondes avant son dauphin, l’Italien Loris Capirossi (Ducati), officiellement pointé à cinq secondes et quelques fractions.
Dans le même temps, le petit génie espiègle de la moto excède par sa lenteur à dévoiler ses projets futurs. Les acteurs ont quitté la scène australienne sans savoir où en étaient ses négociations avec Honda, un constructeur que Rossi désire quitter mais qui fait tout pour le retenir, ou retarder l’annonce de son départ.
Les augures les plus crédibles annoncent l’avenir de Rossi placé sous l’égide de Yamaha et du cigarettier franco-espagnol Altadis, portant la casaque de la marque majeure du groupe, Gauloises. D’autres, plus italiens, affirment qu’il sera revêtu du rouge commun à Ducati et son parraineur, Marlboro, arguant que le groupe Phillip Morris ne veut pas laisser son concurrent s’approprier la plus séduisante figure emblématique du sport motocycliste.
Aucun contrat
n’est encore négociable
Laquelle laisse ses pairs dans le désespoir. Tous les pilotes du plateau attendent une décision sans cesse différée. Aucun contrat n’est encore négociable. L’avenir d’une cinquantaine de mécaniciens qui ignorent s’ils trouveront du travail en 2004 est également soumis au bon vouloir de Rossi.
Apparemment peu préoccupé par ces considérations, l’Italien joue de son talent pour gonfler les tableaux statistiques de ses exploits : il dépasse désormais 50 % de victoires (32) par rapport à ses 63 départs dans la catégorie reine et a rejoint avec 22 podiums d’affilée en 2002 et 2003 le légendaire Italien Giacomo Agostini, qui l’avait précédé sur les saisons 1967, 68 et 69.
Le scénario des 250 cc a très bien intégré le suspense puisqu’à la faveur du faux pas prévisible du Saint-Marinais Manuel Poggiali (Aprilia), 9e en Australie, le vainqueur du jour, l’Italien Roberto Rolfo (Honda) est revenu à 7 points et courra à Valence pour le titre.
L’Espagnol Toni Elias (Aprilia), 11e dimanche, en est écarté, tandis que son compatriote Fonsi Nieto (3e) rejoint aux points le Français Randy de Puniet (Aprilia), qui a chuté en fin de course.
Le deuxième accessit est encore très disputé par ces trois pilotes. Tout comme l’est l’ordre des dauphins des 125 cc. Après la blessure, vendredi, aux essais libres, et l’hospitalisation du jeune Espagnol Daniel Pedrosa, champion du monde depuis une semaine, l’Italien Stefano Perugini pouvait se hisser définitivement sur la deuxième marche du podium comme l’a fait l’Espagnol Sete Gibernau en motoGP.
À vouloir trop bien faire, il a chuté sous la pression de son compatriote Andrea Ballerini (Honda), lequel décroche son premier succès à l’âge de 30 ans. De ce fait, le Saint-Marinais Alex de Angelis le menace et tout se jouera aussi en Espagne.


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