El-Qaëda, qui pourrait être présent dans plus de 60 pays, dispose encore de plus de 18 000 terroristes potentiels en liberté, alors que « le recrutement se poursuit et progresse sans doute depuis la guerre en Irak », ajoute l’IISS dans ce rapport annuel. Les experts jugent que plus de 2 000 membres et la moitié des 30 dirigeants de premier plan d’el-Qaëda ont été tués ou emprisonnés depuis les attentats du 11 septembre. « La lutte antiterroriste en Afghanistan a eu pour effet pervers de transformer un réseau international difficile à cerner en une organisation plus virtuelle (...), par conséquent plus difficile à neutraliser », prévient le rapport.
Cette guerre a modifié le mode opératoire d’el-Qaëda qui doit compter davantage sur des « groupes locaux », avec qui ses liens peuvent s’avérer distants. Par conséquent, « Ben Laden et ses lieutenants sont contraints d’abandonner aux agents locaux des initiatives opérationnelles importantes et de la responsabilité », tout en apportant aux groupuscules des conseils logistiques, du matériel et du financement. Le rapport souligne que « les cellules d’el-Qaëda agissent toujours apparemment de manière semi-autonome en maintenant des liens avec Ben Laden et son conseil via des commandants sur le terrain ». La chaîne qatariote al-Jazira ou l’Internet peuvent inspirer leurs émules.
Quant à la guerre en Irak, elle a eu pour effet d’orienter les efforts terroristes d’el-Qaëda vers le monde arabe, notamment l’Arabie saoudite, le Koweït, Qatar, Bahreïn, l’Égypte, le Yémen et la Jordanie, perçus comme « des collaborateurs ».
« Les attaques à Ryad et Casablanca semblent démontrer la nouvelle préoccupation opérationnelle d’el-Qaëda pour les pays arabes apostats », analyse l’IISS, qui craint aussi des incursions d’extrémistes en Irak visant les troupes américaines.
En attendant de développer des armes de destruction massive, « el-Qaëda devrait continuer à viser des civils avec pour objectif de tuer des Américains, des Européens et des Israéliens ». L’IISS juge que la guerre en Irak a pu empêcher Bagdad, fournisseur potentiel d’ADM, d’aider el-Qaëda et a pu décourager certains États comme la Syrie ou l’Iran à financer le terrorisme. Mais elle a probablement aussi intensifié les passions radicales chez les musulmans et accru le pouvoir de recrutement de l’organisation de Ben Laden.


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