Certes, l’équipe du sélectionneur Rudi Voeller, finaliste du Mondial 2002, a terminé ses huit matches sans la moindre défaite. Mais, comme déjà plusieurs fois dans le passé, il a fallu attendre la « finale » pour que la Nationalmannschaft s’assure d’un billet pour une compétition internationale. Un match nul à domicile contre la Lituanie (1-1), et surtout celui à Reykjavik (0-0), qui avait déclenché un coup de gueule sans précédent de Voeller contre les critiques des commentateurs et consultants de la télévision, avaient mis le triple champion du monde et d’Europe dos au mur.
En outre, les nombreux blessés – dix titulaires étaient forfaits contre l’Islande – obligeaient le sélectionneur allemand, appelé en « sauveur » après la débâcle de l’Euro 2000, à improviser et miser sur de jeunes talents.
« C’était une formidable expérience, notamment pour les jeunes joueurs contre l’Écosse et aujourd’hui (samedi) contre l’Islande de jouer avec une telle pression. Cela les fait avancer », a souligné Rudi Voeller, champion du monde, en tant que joueur, en 1990.
Un rapide but de Michael Ballack (9e) a mis les Allemands sur la voie du succès. Fredi Bobic doublait la mise d’une reprise de volée (59e) avant que Kevin Kuranyi, 21 ans, ne scelle le score avec son premier but en match international (79e).
Le plaisir en plus
Toutefois, la rencontre aurait pu basculer si l’arbitre russe Valentin Ivanov n’avait pas refusé le but d’égalisation de l’Islandais Hermann Hreidarsson pour une faute sur un défenseur (58e). « Nous avons eu de la chance. Si l’arbitre avait accordé le 1-1, cela aurait été plus difficile », a admis le défenseur Christian Woerns, dont la performance a été « de niveau mondial », selon Voeller. Ce dernier a souligné en outre le rôle « leader » du meneur de jeu du Bayern Munich, Michael Ballack.
« Avec brio et gloire vers le Portugal », titre le journal dominical Welt am Sonntag. « Le 3-0, avec des buts de rêve de Ballack, Bobic et Kuranyi, a fait en plus énormément plaisir », souligne pour sa part Bild am Sonntag.
En revanche, 64 % des téléspectateurs estiment que la Nationalmannschaft n’est qu’une équipe de niveau moyen, selon un sondage de la deuxième chaîne publique ZDF samedi soir.
Les Islandais, qui ne se sont jamais qualifiés pour la phase finale d’un Mondial ou Euro, ont tout perdu. C’est l’Écosse, sous la coupe de l’ancien sélectionneur allemand Berti Vogts, victorieuse de la Lituanie (1-0), qui termine 2e du groupe.
S’il remportait les barrages, dont le tirage au sort a lieu lundi à Francfort (Centre-Ouest), trois sélectionneurs allemands participeraient à l’Euro, puisque Otto Rehhagel s’est qualifié lui, samedi, avec la Grèce, victorieuse devant l’Irlande du Nord (1 à 0) à Athènes.


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