Embauché peu après les attentats du 11 septembre 2001 et sollicité plusieurs fois par jour durant les guerres d’Afghanistan et en Irak, il est devenu au fil de ses apparitions un des visages les plus populaires de la chaîne.
Toujours détendu et souriant, le ton assuré et très professionnel devant la caméra, Wesley Clark a eu le temps en deux ans, non seulement de se faire connaître du grand public américain, mais de parfaire sa connaissance des rouages médiatiques.
C’est surtout durant le conflit en Irak et jusqu’à la fin de sa collaboration avec CNN fin mai, qu’il a décoché de virulentes critiques à l’adresse de George W. Bush qu’il souhaite remplacer à la Maison-Blanche en 2004. « Je n’aurais probablement pas pris les décisions qui nous ont mis dans cette situation », déclarait-il le 21 janvier lors de la présentation d’une analyse sur CNN, deux mois avant le déclenchement de la guerre.
L’intéressé et la chaîne rejettent à l’unisson une quelconque collusion à des fins électorales. « CNN a traité le général Clark comme elle l’a fait pour d’autres qui ont travaillé pour elle et ont cherché à se faire élire », a souligné, de son côté, un porte-parole de la chaîne, Matt Furman, en allusion notamment à Pat Buchanan, candidat en 2000.
Le départ de Clark de la chaîne ne l’a pas fait disparaître du petit écran. Dans les semaines ayant précédé l’annonce de sa candidature le 17 septembre, CNN a annoncé à deux reprises à ses téléspectacteurs, avec la mention « exclusif », que Wesley Clark allait révéler incessamment son intention de se lancer dans la course à la Maison-Blanche.
Reste que Wesley Clark tranche dans le paysage politico-médiatique américain. « Il est tout à fait inhabituel pour un candidat potentiel (à la Maison-Blanche) d’avoir une telle relation directe avec une chaîne de cette importance », constate Luis Fraga, de Stanford University, en Californie.
Lenny Steinhorn, un expert politique de l’American University, estime, quant à lui, que Wesley Clark n’est pas un cas isolé et parle même de « tradition » américaine d’exploitation des médias à des fins de campagne électorale.
Il rappelle ainsi que le milliardaire Ross Perot (1992) a annoncé sa candidature au Larry King Show, sur CNN, et que l’ancien joueur de basket-ball, Bill Bradley (2000), collaborait à CBS avant de se lancer dans la course à la Maison-Blanche.


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