En 22’’59, la Guadeloupéenne de 24 ans se contente de la quatrième place d’une course remportée en 22’’05 par l’Américaine Kelli White, 26 ans, déjà championne du monde sur 100 m.
Muriel Hurtis rejoint ainsi Marie-José Pérec, quatrième en 1993 à Stuttgart.
Les 22”41 réalisés en demi-finale, son meilleur temps de la saison, auraient pourtant permis à Muriel Hurtis de monter sur le podium.
« En fait, je crois que pour faire plaisir à tout le monde, notamment au public qui n’arrêtait pas de scander mon prénom bien avant le début de la course, j’ai voulu trop bien faire, analysait-elle, la gorge serrée, après sa finale. Résultat, je me suis crispée. Alors, je n’ai pas pu courir relâchée. »
Sur les soixante derniers mètres, Muriel Hurtis avoue avoir manqué « de jus et de fraîcheur mentale pour aller au bout, aller accrocher ce podium. Sur la fin, ce fut dur. C’est la première fois que je réalise quatre tours aux championnats du monde. Aujourd’hui, je me rends compte que ces quatre tours ne sont pas si évidents à boucler. »
Dans le virage,
le podium lui échappe
Son entraîneur Guy Ontanon, qu’elle partage avec Christine Arron, fait une analyse plus précise du demi-tour de piste de sa championne d’Europe en titre : « Muriel a pris un excellent départ. Mais, en voulant trop lutter avec la Russe Kapachinskaya, finalement seconde en 22’’38, elle s’est techniquement mal placée dans le virage. Au lieu de rester alignée, de se relâcher, elle est tombée sur ses appuis et, notamment, ses bras sont partis dans tous les sens. »
Pour Guy Ontanon, Muriel Hurtis perd sa course dans le virage, d’habitude son point fort.
« Dans le virage, à cause de cette bagarre qu’elle aurait dû mettre de côté, elle se désunit. Et, à la sortie du virage, elle perd définitivement toute chance de médaille. En fait, elle ne s’est pas assez relâchée. Et Muriel, quand elle ne se relâche pas, tous ses petits défauts reviennent au galop et, en plus, à ce niveau-là, ils se sont amplifiés. »
Dans la foulée des déclarations de Muriel Hurtis évoquant la pression, Guy Ontanon confirme : « Effectivement, je pense qu’elle a voulu trop bien faire. Résultat, elle a été poussée à commettre des fautes. Et comme sa technique n’est pas encore bien automatisée, cela l’empêche encore à ce niveau de s’exprimer. »
Désormais, comme Christine Arron, sixième sur 100 m, et comme Patricia Girard, septième sur 100 m haies, Muriel Hurtis attend « avec impatience le relais 4x100 m pour aller chercher une médaille ».


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir