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Humeur L’indifférence

Fumer tue. C’est écrit en grand, comme un faire-part de décès, déjà, au dos des paquets de cigarettes qui circulent en France depuis quelques mois. On lit, on fume, plus énervés encore, puis on oublie.
La canicule tue. C’est écrit, en moins grand, la honte sans doute ou la pudeur, on l’espère, à la une de tous les quotidiens. C’est une information, un constat. De triste impuissance.
Ne pas aimer tue aussi, à petit feu. La mort, en France, cet été, de 10 500 personnes, âgées pour la plupart, est une véritable hécatombe. 10 500 âmes qui meurent de chaleur et d’indifférence, c’est pire que toutes les guerres, que tous les crimes contre l’humanité. Un vrai charnier au cœur d’une ville.
Pire encore. Comme si cela ne suffisait pas, 500 personnes n’ont pas été « récupérées » par leurs proches. La cause ? Les vacances, peut-être, murmurent les médias, ou tout simplement l’oubli. Parties en fumée l’enfance, la gratitude, la mémoire et toute forme de sentiments.
Alors, le gouvernement français, après avoir lancé un appel à un peu plus d’amour, tombé dans l’oreille d’au moins 500 sourds, a mis sur pied un « plan solidarité-vieillesse » secondé par des professionnels, sociologues et psychologues, qui essaient d’expliquer, peut-être de comprendre, ce phénomène d’une société de plus en plus malade. Une campagne d’affichage avait même été lancée, elle tentait de prévenir : « Cet été, Lucien, 82 ans, sera maillot jaune de la solitude. » Jetées à la poubelle l’affiche, l’idée et surtout la culpabilité. Comme la boîte de cigarettes, vidée de tout remords.
Alors on pense à sa propre famille, aux amis, aux voisins et même à l’épicier du coin. En l’on se dit qu’il vaut mieux mourir de trop d’amour que de cette folle indifférence.
Carla HENOUD
Fumer tue. C’est écrit en grand, comme un faire-part de décès, déjà, au dos des paquets de cigarettes qui circulent en France depuis quelques mois. On lit, on fume, plus énervés encore, puis on oublie.La canicule tue. C’est écrit, en moins grand, la honte sans doute ou la pudeur, on l’espère, à la une de tous les quotidiens. C’est une information, un constat. De triste impuissance.Ne pas aimer tue aussi, à petit feu. La mort, en France, cet été, de 10 500 personnes, âgées pour la plupart, est une véritable hécatombe. 10 500 âmes qui meurent de chaleur et d’indifférence, c’est pire que toutes les guerres, que tous les crimes contre l’humanité. Un vrai charnier au cœur d’une ville.Pire encore. Comme si cela ne suffisait pas, 500 personnes n’ont pas été « récupérées » par leurs proches. La cause...