Double championne du monde en 2001 à Edmonton (200 m et relais 4x100 m) et médaillée d’argent sur 100 m, l’Américaine Marion Jones a la plus belle des excuses pour ne pas être sur la piste du Stade de France. Le 28 juin dernier, elle a donné naissance à son premier enfant, Tim Jr, du prénom de son père Tim Montgomery. À l’exception de Marion Jones, les autres absences sont toutefois bien plus douloureuses.
La Britannique Paula Radcliffe, élue n° 1 mondiale en 2002, a dû renoncer au doublé qu’elle prévoyait de tenter à Paris (5 000 m et 10 000 m).
Empêtrée dans des blessures – au tibia et à une jambe, puis bronchite – tout l’été, la championne d’Europe du 10 000 m a manqué de temps pour être prête pour les Mondiaux.
Parmi ceux qui comptaient conserver leur couronne au Stade de France, la Marocaine Nezha Bidouane (400 m haies), double championne du monde du 400 m haies (1997, 2001), a été vaincue par son genou droit.
Le 400 m haies est également orphelin d’une autre championne du monde (1999), la Cubaine Daimi Pernia.
Chez les hôtes français de ces championnats, les deux grandes absences sont celles de Marie-José Pérec (400 m) et de Driss Maazouzi (1 500 m).
Recluse depuis sa fuite olympique à Sydney en 2000, la triple championne olympique a tenté un retour cet hiver, contrairement à sa grande rivale des années 90, l’Australienne Cathy Freeman. Mais à 35 ans, Marie-Jo a été trahie par son corps. Les spectateurs se contenteront d’une ovation de leur championne en tenue de ville.
Driss Maazouzi rêvait, lui, de défendre sa médaille de bronze obtenue à Edmonton en 2001 devant son public et de lui présenter sa couronne mondiale en salle. Mais lui aussi a été contraint de prendre des vacances après un début de saison gâché par les ennuis physiques.
Le Cubain Anier Garcia a cru pouvoir tenter de faire mieux que sa deuxième place sur 110 m haies en 2001. Mais le 9 août dernier, une ancienne blessure s’est réveillée.
Et puis d’autres sont en pleine forme physique en cette fin août, mais n’étaient simplement pas prêts le jour J, celui imposé par leur fédération pour se qualifier.
Comme d’habitude, les Américains ont laissé en route quelques chances de médailles, et notamment leur champion olympique à la perche, Nick Hysong.
Impitoyables aussi sont les sélections kényanes. Wilfried Bungeï, 2e du 800 m à Edmonton, est sorti quelques jours avant les sélections de l’hôpital où il soignait une crise de paludisme, tandis que les frères Cornelius et William Chirchir, principaux rivaux du Marocain Hicham el-Guerrouj sur 1 500 m, vont eux aussi manquer le rendez-vous de l’année.
Enfin, blessé à la cheville droite lors de la réunion de Londres le 8 août, le détenteur du record du monde du triple saut, le Britannique Jonathan Edwards attendra le dernier moment pour décider s’il défend son titre.
Pour lui, l’espoir fait vivre.


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