Le dollar a renoué avec la baisse sur les marchés des changes, victime de prises de bénéfices après avoir atteint dans la matinée en Europe des niveaux assez élevés face à l’euro. Porté par un regain d’optimisme sur l’économie US au lendemain de la réunion de la Fed, le billet vert ne tardait donc pas à être miné par le recul du marché obligataire aux États-Unis. Ce phénomène est intervenu hier après l’annonce par l’association US des banques de crédits immobiliers (MBA) selon laquelle les demandes de prêts dans ce secteur ont diminué de 16,1 % au cours de la semaine close le 8 août, laissant craindre que ce mouvement ne pèse sur la reprise US. Du coup, le marché obligataire US a entraîné dans sa chute Wall Street, ce qui a fini par affaiblir le dollar. De ce fait, les opérateurs ont ignoré les bons chiffres des ventes de détail aux États-Unis, en hausse de 1,4 % en juillet (voir par ailleurs) ainsi que la remontée de 1,1 % des ventes de stocks des entreprises US en juin, confirmant que les dépenses de consommation, sources d’espoir pour l’économie, ont repris de plus belle. Par ailleurs, le dollar s’est ressenti du regain d’intérêt pour le sterling après la réduction surprise du nombre de demandeurs d’emploi en Grande-Bretagne qui a baissé de 8 800 en juillet pour totaliser 939 200 personnes, soit 3,1 % de la population active. Pourtant, il a été privilégié contre le yen par la baisse de 1,2 % de la production industrielle japonaise en juin sans que ce phénomène lui apporte le moindre appui face aux autres grandes monnaies. Il a, en effet, achevé la journée à New York sur un ton généralement faible à 1,1318 pour un euro contre 1,1285 la veille, à 1,6075 pour un sterling contre 1,6025 et à 1,3665 FS contre 1,3685, mais à 119,12 yens contre 118,75.
En Bourse, les marchés américains des actions étaient mitigés, partagés entre la forte chute du marché obligataire et les bonnes nouvelles chez Applied Materials, Hewlett-Packard, Wal Mart... En clôture, Wall Street a ainsi cédé 0,41 % à 9 271,76 points et le Nasdaq 0,02 % seulement à 1 686,59 points, dans des échanges peu nourris.
De leur côté, les Bourses européennes se cherchaient toujours une direction, victimes pour la plupart de prises de bénéfices qui faisaient oublier aux opérateurs des résultats d’entreprises encourageants. À l’exception de l’Extra Dax qui a pris 0,51 % à 3 398,89 points, le Footsie a ainsi perdu 0,12 % à 4 180,70 points alors que le CAC 40 était à l’équilibre à 3 208,06 points. À Beyrouth, le climat d’expectative entourant le marché des changes s’est traduit encore hier par une contraction de la demande du dollar à des fins de placement dans les certificats de dépôts en LL émis par la BDL. Pourtant, ce développement ne devait avoir aucun impact sur l’offre en cette monnaie qui se manifestait seulement au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci. Le maintien de cette fourchette entre 1 501 et 1 514 LL a servi donc à faire fixer le billet vert au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL pendant qu’il se négociait dans les échanges interbancaires à 1 514 LL. À la Bourse de Beyrouth, la tendance était franchement à la baisse avec le repli de 2 792 actions A et de 2 500 actions B de Solidere de 4,78 à 4,70 $ et de 4,92 à 4,85 $ respectivement ainsi que de 9 528 actions C de la Byblos Bank de 1,73 à 1,70 $, dans un marché autrement creux sur le restant de la cote.
Élie KAHWAGI


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