sur une autre planète
Numéro un mondial, en tête de la Coupe du monde de cyclisme dont il est devenu après la Clasica le dignitaire en étant le premier à récolter trois succès dans la compétition en une saison, l’Italien Paolo Bettini (Quick Step) s’est installé sur une autre planète.
Il ne paye pourtant pas de mine, ce transalpin de poche de 1,69 m pour 60 kg.
Cependant, le prodige aux cheveux ras et clairsemés, fier champion national, dégage une formidable puissance forçant l’admiration.
« C’est un Monsieur, il est petit par la taille mais c’est un grand coureur de classiques », témoignait à chaud le sextuple meilleur grimpeur français du Tour, Richard Virenque, saluant la 6e victoire en Coupe du monde du grand petit homme (Liège-Bastogne-Liège en 2000 et 2002, Zurich en 2001, Milan-San Remo, Hambourg et Clasica San Sebastian en 2003).
« Il pourrait gagner dix Coupes du monde, car il excelle dans tous les compartiments. »
Cet hommage fut rendu il y a deux ans par le grand spécialiste belge Johan Museeuw.
Mais, trop longtemps dans l’ombre de Michele Bartoli à la Mapei, le Toscan, qui accuse aujourd’hui 29 ans, a musardé, prenant du retard sur les prédictions de l’ancien champion du monde.
Qu’importe, l’enfant de Cecina, professionnel depuis 1997, se retrouve sur la voie royale pour conserver sa Coupe à trois étapes de l’arrivée, un bonheur amplifié par l’attente d’un heureux événement.
Il compte au classement 97 points d’avance sur le Belge Peter Van Petegem et 136 sur le Néerlandais Michael Boogerd, malchanceux sur les hauteurs de la plus belle baie d’Espagne en chutant deux fois.
« Il y a encore 300 points à prendre et un garçon comme Boogerd peut être dangereux, prévient-il cependant. Si Paris-Tours ne paraît pas dans ses cordes, il peut bien faire en revanche au Tour de Lombardie ou à Zurich. »
Éloigné des classiques ardennaises en raison d’une subluxation de l’épaule gauche consécutive à une chute dans Gand-Wevelgem, Bettini abordera sa cinquième manche en Suisse, en qualité de favori.
« J’ai la possibilité de l’emporter à Zurich. Quand je prends le départ d’une course ce n’est jamais avec la conviction que je vais m’imposer mais avec la certitude que je peux la gagner », observe-t-il. En sera-t-il de même en octobre aux Mondiaux d’Hamilton (Canada) ?
« Je suis actuellement en état de grâce, lâche-t-il. S’ils avaient lieu dans les quinze jours, cela m’arrangerait bien. »
Mais le moment venu, l’aimable Paolo aura alors le loisir de déplacer les bandes irisées actuellement accrochées aux épaules de son maillot de leader de Coupe du monde à la poitrine du champion du monde.
Il marcherait alors sur les traces de son idole, Giuseppe Saronni, à l’époque où ce modeste fils d’ouvrier était surnommé le « Professeur », car il donnait des leçons de cyclisme et d’éducation routière aux enfants de la California, son quartier.
Tour de Burgos :
un premier test avant la Vuelta
Les Espagnols Francisco Mancebo (ibanesto.com), vainqueur 2002, Aitor Gonzalez (ONCE), Oscar Sevilla (Kelme), Angel Casero (Bianchi), Roberto Heras (US Postal) ou le Suisse Alex Zuelle (Phonak) ont l’occasion, avec le Tour de Burgos cycliste qui commence aujourd’hui, de se tester avant la Vuelta.
Dix-huit équipes du peloton international sont au départ de la 25e édition du Tour de Burgos, qui s’annonce comme un calvaire pour les coureurs, avec 670 km en cinq jours sous la canicule de Castille, à moins d’un mois du Tour d’Espagne (6-28 septembre).
Alors que la Castille enregistre actuellement des températures avoisinant les 40 degrés à l’ombre, les principales difficultés du parcours sont les arrivées en altitude des 2e et 3e étapes, respectivement demain à Altotero (1re catégorie) et mercredi à Lagunas de Neila (hors catégorie), ainsi que le contre-la-montre individuel de 14,4 km de jeudi autour de Medina de Pomar.
Dix-huit équipes sont engagées (de 8 coureurs chacune): Kelme, Ibanesto.com, ONCE, Labarca, Euskaltel, Relax Fuenlabrada et Costa Almeria Paternina (Esp), Vini Caldirola, Fassa Bortolo, Domina Vacanze et Saeco (Ita), Bianchi et Telekom (All), Marlux et Vlaanderen (Bel), Cofidis (Fra), Phonak (Sui), US Postal (USA).
Adidas pourrait de nouveau
parrainer Jan Ullrich
L’équipementier sportif allemand Adidas, qui s’était séparé du champion olympique allemand Jan Ullrich l’année dernière après la suspension du coureur pour dopage, pourrait reprendre le sponsoring de l’unique vainqueur allemand du Tour de France cycliste (1997), a-t-on appris hier.
« Si nous résilions un contrat, cela ne doit pas être pour l’éternité », a déclaré Herbert Hainer, patron du fabricant allemand d’articles de sport Adidas-Salomon au quotidien berlinois Tagesspiegel, paru aujourd’hui.
« Si l’athlète évolue sur la plan humain et retrouve également sa forme sur le plan sportif, comme cette année, il est toujours possible de faire marche arrière », a poursuivi M. Hainer, au sujet de Jan Ullrich, deuxième du Tour de France 2003.
Le patron de l’équipementier est revenu sur la rupture du contrat l’an dernier : « Nous avons clairement dit que nous ne coopérerons pas avec un athlète dopé. Mais Jan est vraiment un homme bon. Evidemment, il a commis des erreurs. »
Un parrainage de l’équipe Bianchi, dont Ullrich est le chef de file et qui cherche un cosponsor, paraît toutefois prématuré, selon M. Hainer. « Naturellement, nous avons parlé avec Bianchi. Mais il est trop tôt pour nous de nous y engager », a-t-il indiqué.


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