Plus rapide que ses deux derniers compagnons d’échappée, le Hongrois Laszlo Bodrogi (Quick Step-Davitamon) et le Français Maryan Hary (Brioches La Boulangère), Kirchen (Fassa Bortolo) s’est un peu imposé faute de combattants.
Trente-six coureurs ont en effet fait la décision après seulement 11 km dans la côte du village de Coucy le Château.
La plupart des équipes étant représentées, cette échappée prenait rapidement le large au point que 100 coureurs décidaient d’abandonner et de faire demi-tour.
Trente-quatre courageux persistaient à croire en un improbable retournement de situation jusqu’à ce que l’organisateur décide de les mettre hors course peu après le contrôle de ravitaillement du Cateau (km 93).
L’écart était alors supérieur à dix minutes et le directeur de course ne se sentait plus en mesure d’assurer la sécurité de ce deuxième peloton.
La mi-course n’était pas atteinte et déjà la victoire était acquise à l’un des 36 attaquants.
Ambitieux
Fidèle à la méthode qui lui a souvent permis de remporter Paris-Roubaix, la formation Quick Step décidait de forcer l’allure à 50 km de l’arrivée, les attaques répétées de Paolo Bettini et Luca Paolini conduisant de nombreux coureurs à leur point de rupture.
Toutefois les deux Italiens échouaient dans leur tentative. La place était donc libre pour des outsiders.
C’est alors que le Français Maryan Hary, l’une des grandes révélations françaises de la saison, démontrait tout son talent.
Merveilleusement posé sur la machine, le protégé de Jean-René Bernaudeau n’a cessé d’attaquer, trouvant enfin l’ouverture à 11 kilomètres de l’arrivée et entraînant avec lui le seul Kim Kirchen.
À trois kilomètres de l’arrivée, au terme d’une poursuite qui lui est restée dans les jambes, Laszlo Bodrogi s’est joint aux hommes de tête.
Dans le dernier kilomètre, Hary n’avait plus la ressource de disputer le sprint, lancé de très loin par Bodrogi avant que Kim Kirchen ne le déborde à 150 mètres de la ligne pour s’imposer très aisément, 76 ans après la dernière victoire d’un Luxembourgeois, Nicolas Frantz.
« Me souvenant de ce qui m’était arrivé dans une étape du Tour de Suisse quand Sandy Casar m’avait sauté sur la ligne, je me suis retourné cinq fois, avant de savourer ce moment que j’attendais depuis longtemps », a déclaré Kirchen.
« J’ai eu beaucoup de chance parce que j’ai été victime d’une crevaison peu avant que l’échappée des 36 ne se développe. De la chance aussi sur le final parce que la course était un peu folle. Cela me donne beaucoup d’ambition pour le dernier mois de compétition, peut-être même pour le championnat du monde. »


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