« Je n’ai rien inventé. Il s’agissait de remotiver le groupe », affirme modestement Jacques Santini. Le sélectionneur a effectivement réussi à redonner confiance à un groupe que l’on pensait saturé de victoires.
Mais surtout, il a insufflé un nouvel élan conquérant et de nouvelles ambitions permettant à ses joueurs de s’épanouir dans un classique schéma tactique en 4-4-2. Même l’entraîneur des Girondins, Élie Baup, adepte de ce système... mais pas spécialement de Jacques Santini, ne peut que constater la réussite de cette nouvelle disposition, source de multiples combinaisons.
Déjà, comme cela a été bien rodé durant la Coupe des confédérations, l’équipe de France n’est plus « zidano-dépendante ». L’absence du Madrilène contre Chypre samedi est passée totalement inaperçue. Au niveau du score bien sûr (5-0), mais aussi et surtout au niveau de la distribution du jeu et de la construction des actions. Avec ses deux « animateurs excentrés », un Sylvain Wiltord euphorique et un Robert Pires acceptant son rôle de remplaçant de luxe, la machine a tourné aussi bien que le mois dernier contre la Suisse (2-0), avec Zidane à la baguette.
Même le terme de « meneur de jeu » a disparu. Pourtant, cette équipe a longtemps été construite autour du talent de Zidane, dans un 4-2-3-1 qui présentait le désavantage de laisser un seul attaquant en pointe.
« Je reviens de blessure dans une équipe qui marche bien avec un nouveau système. Et je suis en concurrence avec un joueur qui s’appelle Zidane. Mais il n’y a pas de pression », commente Pires, nullement frustré.
Les permutations entre Pires et Wiltord, souvent lors de leurs replacements défensifs, leur complicité naturelle rodée à Arsenal et leur capacité à bloquer les couloirs pour l’adversaire tout en les dégageant afin de laisser la porte ouverte à leurs latéraux respectifs (Lizarazu et Thuram) jouent un rôle clé dans la nouvelle organisation.
Mais pour gagner des matches il faut marquer des buts. Et là, avec une moyenne de près de trois buts par rencontre, Trezeguet (24 buts au total, dont 4 en 5 matches depuis le Mondial), Henry (23 buts, dont 11 lors de ses 14 dernières sélections), Zidane (22 buts dont 3 lors de ses 8 dernières rencontres) et Wiltord (20 buts, 8 lors de ses 15 derniers matches et un premier doublé contre Chypre) s’en donnent tous à cœur joie.
« À la Coupe du monde, il y avait un système assez figé avec une seule pointe. Là, on est plus libre, nous sommes deux en attaque et cela bouge plus sur les côtés. Je me sens plus à l’aise », analyse Trezeguet auteur de 4 buts en cinq jours (2 avec la Juventus et 2 avec la France).
Si cela continue à ce rythme, Youri Djorkaeff (28 buts), Jean-Pierre Papin et Just Fontaine, tous deux 30 buts en équipe de France, ont du souci à se faire. Michel Platini, recordman en la matière, dispose quant à lui d’une bonne marge de sécurité (41).
Bien sûr, ne manqueront pas de souligner les rabat-joie, cette avalanche de buts a été réussie en grande partie contre des formations ne figurant pas dans le gotha du football. « Nous avons retrouvé l’efficacité qui nous faisait défaut pendant le Mondial et nous sommes en train de bien négocier nos matches de qualification. Contre des équipes de haut niveau cela va venir avec le temps », répond Trezeguet qui attend la suite avec impatience.


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