Ces 980 ONG, totalisant plus de 3000 membres invités, pourront suivre les débats ministériels sur des circuits de télévision interne, a précisé Melba Pria, responsable de cette question au ministère mexicain des Affaires étrangères. Elles n’auront cependant pas un accès direct aux réunions, mais seront ponctuellement invitées par le président organisateur du sommet, Luis Ernesto Derbez, chef de la diplomatie mexicaine, à lui exposer leurs inquiétudes et leurs revendications. Prenant exemple sur le sommet sur le financement du développement de l’Onu de Monterrey, également au Mexique en mars de l’an dernier, où les ONG étaient les bienvenues et où « tout s’était bien passé et dans le plus grand calme », les autorités ont ainsi ouvert les portes à toutes sortes d’associations.
Des paysans mexicains, des militants antitransgéniques, des syndicalistes de tous bords et de toutes nationalités, sans compter des délégués de Greenpeace prétendant représenter les agriculteurs d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe, et qui ont promis de « crier dans le reste du monde, pendant la conférence de Cancun, leur opposition massive ». Les altermondialistes, baptisés au Mexique de « globalophobes », sont décidés eux, à manifester bruyamment leurs désaccords, ne seront pas acceptés sur les lieux. Estimés à quelques milliers ou mêmes dizaines de milliers, ils seront « pris en charge » directement par l'état-major présidentiel, groupe d'élite de l'armée mexicaine, avec qui on ne badine généralement pas. À celui-là s'ajouteront des policiers fédéraux et locaux et autres services de sécurité, portant leur nombre total à quelque 20 000 hommes. Les autorités ont déjà rappelé, « gentiment, mais fermement », que les « touristes entrant au Mexique ne sont pas autorisés à participer à des activités de mobilisation sociale ». Ceux qui veulent « vraiment manifester » pourraient éventuellement le faire dans les limites de temps et de lieux qui leur seraient légalement imparties, ont-elles expliqué. « En fait, les globalophobes font partie, en eux-mêmes de la globalisation, et s'ils ont quelque chose à dire, il faudra le leur permettre sous une forme ou une autre », a encore estimé la responsable du ministère mexicain.


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