La situation découle directement de la décision de l’écurie autrichienne KTM de licencier, au début du mois d’août, le Français Arnaud Vincent, champion du monde 2002. Elle le remplace par le Finlandais Mika Kallio, transfuge de Honda Ajo Motorsport, une formation scandinave.
Bien loin de ces douteuses tractations, le Belge Olivier Liégeois et sa compatriote Marie-Paule Willems tiennent à bout de bras leur structure de compétition. Cette parfaite petite entreprise a connu son heure de gloire en 1999, quand l’Italien Marco Melandri a terminé deuxième du championnat du monde, précédant immédiatement son coéquipier, le Japonais Masao Azuma.
Dans la saison, les deux pilotes avaient raflé dix courses et quatorze podiums en seize épreuves. À l’époque, l’écurie était parrainée par Benetton et disposait d’un copieux budget qu’elle a perdu depuis.
Pas d’argent...
Aussi, fin 2002, voit-elle arriver avec un certain plaisir la société SMI, dirigée par l’Italien Barbero Levi, porteur d’un portefeuille alléchant d’entreprises souhaitant collaborer. Levi est également manageur de Di Meglio, qu’il tient sous contrat pour dix ans, aux termes d’un accord conclu avec le père du jeune pilote.
Selon Liégeois et Willems, qui ont eu le temps d’apprécier l’adolescent avant de l’engager pour « une saison d’apprentissage » et ont guidé ses débuts comme des parents tenant la main d’un bambin en âge de faire ses premiers pas, des problèmes sont apparus au Grand Prix de Catalogne, à la mi-mai. Levi aurait alors cessé de remplir la caisse de l’écurie avec l’argent promis des parraineurs.
« À partir de ce moment, nous avons tiré la patte. Si on ne vous paie pas régulièrement, rien ne va plus, note Liégeois. J’ai posé un ultimatum à la SMI qui expirait au Grand Prix de République tchèque il y a trois semaines. Elle a fait la sourde oreille. »
Le patron voulait fermer l’écurie, convaincu qu’il ne pourrait plus payer les salaires « des mécaniciens qui ne sont pas responsables de la situation ». Pressé par sa collaboratrice, il a prolongé jusqu’à Estoril, sans autre nouvelle de la SMI ni de son directeur, qui ne s’est pas déplacé et a envoyé un avocat.
Une place très chère
Liégeois allait mettre la clef sous la porte quand une solution est apparue, mercredi, à Estoril, qui lui laisse l’espoir de conserver son écurie mais le contraint à se séparer de Di Meglio.
Explication : Vincent a trouvé un guidon chez Aprilia Fontana Racing. La transaction s’est conclue aux dépens du Japonais Youichi Ui, licencié par la formation italienne.
Mais ce dernier intéressait le groupe Derbi-Gilera, qui est autorisé à engager trois pilotes. Ui connaît bien Derbi et peut aider au développement de la moto.
Or, Liégeois est également salarié de Derbi-Gilera. Il a accepté de céder la place qu’il allait abandonner pour faire courir Ui sur une Gilera tout en conservant ses couleurs.
Le Belge espère ainsi retrouver des parraineurs d’ici à la fin de la saison pour repartir sur de nouvelles bases en 2004.
« Pourquoi pas avec Mike di Meglio. Nous aimerions bien terminer ce que nous avions commencé avec lui », affirment Liégeois et Willems.

