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Le rallye en crise

Un revirement de la Fédération internationale automobile (FIA), entre le Conseil mondial du 25 juin dernier et le vote par fax demandé par le président Max Mosley cette fin de semaine, a plongé le monde des rallyes dans la crise, au moment du coup d’envoi du rallye d’Australie, dixième épreuve du championnat du monde, hier à Perth.
Après avoir décidé d’imposer l’attribution de la troisième voiture à un pilote n’ayant pas obtenu de podium lors des trois dernières saisons, la FIA vient de faire machine arrière en limitant l’engagement de chaque équipe à deux voitures seulement pour 2004.
De quoi provoquer l’ire de la majorité des constructeurs, de Peugeot notamment qui venait d’engager le Belge Freddy Loix, et la... satisfaction de Citroën, en dépit du contrat signé avec Simon Jean-Joseph.
« Ce contrat, si on ne peut pas le remplir, si la règle change, je suis désolé, il y aura un cas de force majeure, tempête Corrado Provera, directeur de Peugeot Sport. Peut-être que le pauvre Freddy (Loix) sera à la rue. Et je lui dirai avec une grande tristesse “tu es à la rue”. Je le regretterai énormément. Mais nous ne sommes pas une entreprise de bienfaisance. »
Plus que la suppression de la troisième voiture, l’impossibilité désormais de promouvoir de jeunes pilotes, la difficulté de mettre en place le « système des 1 000 pistes », c’est le manque de stabilité qui irrite et inquiète la majorité des constructeurs, Provera, mais également David Lapworth, directeur de Subaru.

« Décision précipitée »
« Ce qui doit inquiéter un participant à un sport quel qu’il soit est le fait que les règlements de ce sport puissent être changés soudainement, fréquemment et sans préavis, poursuit Provera. Parce que les investissements que nous avons consentis les uns et les autres sont de telle nature que l’on ne peut pas changer d’approche uniquement parce que le pouvoir sportif se permet de changer d’avis. Nous avons besoin de stabilité pour avoir un bon championnat, fort, insiste Lapworth. Il y a eu une décision le 25 juin. Trop de changements nuisent à la compétition. Il y a une procédure normale, commission des rallyes, Conseil mondial. Dans le cas présent, la décision est précipitée. »
Le 23 juillet dernier à Trêves, quarante-huit heures avant le rallye d’Allemagne, la commission des rallyes s’était réunie sans pouvoir trouver l’unanimité des dix représentants (Peugeot, Citroën, Ford, Subaru et Skoda du côté constructeurs, Monte-Carlo, Espagne, Finlande, Nouvelle-Zélande et Grande-Bretagne côté organisateurs). Et la FIA a donc décidé de trancher.
« Il y avait unanimité des constructeurs, à l’exception d’un », note le directeur de Peugeot. Une voix discordante qui n’était autre que celle de Citroën, de Guy Fréquelin, seul satisfait hier des nouvelles mesures de la FIA.

« Pas une guerre
Peugeot-Citroën »
« J’ai toujours été pour deux voitures, se réjouit le patron de Citroën Sport. Cela faisait longtemps que je le demandais. De plus, les 16 rallyes avec deux voitures, c’est parfait au niveau visibilité. Beaucoup mieux que 14 épreuves avec trois voitures. Je suis en phase avec la FIA. Idem pour le système 1 000 pistes. Ce n’est pas idiot. De plus, cela ne me choque pas qu’il n’y ait plus d’ouvreur. Oui, je suis très satisfait sur un plan global. Quant à Simon (Jean-Joseph), nous discuterons ensemble. On ne peut pas le laisser tomber. »
Fréquelin qui rit, Provera qui peste. Le patron de Peugeot Sport ne veut pas voir cependant une guerre ouverte entre les deux « cousins » du groupe PSA.
« Je peux comprendre que pour certains cela puisse être un avantage budgétaire. Mais courir contre peu de voitures ne peut que diminuer l’intérêt des rallyes. Cela va encore être interprété, et je vous interdis de le faire de cette façon, comme une guéguerre contre Citroën. Cela n’a rien à voir », avertit Provera.
« Cela nous intéresse d’être dans ce sport. Mais il y a Saint-Geours (directeur d’automobiles Peugeot) qui me demande quand même à quoi cela sert, note le patron de Peugeot Sport. On a déjà vécu une affaire de ce type (205 Turbo 16, suppression des groupes B). Au moins du temps de Balestre, on nous a dit clairement “foutez le camp”. Là, on ne nous l’a pas encore dit. Je me fous de la troisième voiture. Mais je ne peux pas concevoir qu’un pouvoir sportif change d’avis tous les deux mois. »
Un revirement de la Fédération internationale automobile (FIA), entre le Conseil mondial du 25 juin dernier et le vote par fax demandé par le président Max Mosley cette fin de semaine, a plongé le monde des rallyes dans la crise, au moment du coup d’envoi du rallye d’Australie, dixième épreuve du championnat du monde, hier à Perth.Après avoir décidé d’imposer l’attribution de la troisième voiture à un pilote n’ayant pas obtenu de podium lors des trois dernières saisons, la FIA vient de faire machine arrière en limitant l’engagement de chaque équipe à deux voitures seulement pour 2004.De quoi provoquer l’ire de la majorité des constructeurs, de Peugeot notamment qui venait d’engager le Belge Freddy Loix, et la... satisfaction de Citroën, en dépit du contrat signé avec Simon Jean-Joseph.« Ce contrat,...