Les consultations, selon M. Jones Parry, doivent se tenir à huis clos. L’ambassadeur britannique a tenu à souligner que le projet de résolution que les États-Unis font circuler depuis mercredi parmi les membres du Conseil de sécurité n’avait pas été « formellement déposé ». « L’intention des États-Unis est d’échanger à 15, d’avoir des réactions et d’utiliser ces réactions pour élaborer un texte qui sera ensuite formellement déposé », a-t-il expliqué. Interrogé sur la date à laquelle un vote pourrait intervenir, M. Jones Parry a souligné que « l’atmosphère était plutôt bonne » avant d’indiquer, sans autre précision, qu’il « espérait que ce serait possible rapidement ».
Les membres du Conseil de sécurité de l’Onu, marqué par des divisions depuis le début de la crise irakienne, ont en fait commencé dès hier à se pencher sur le projet de résolution américain. À New York, les premières réactions des diplomates, interrogés à leur arrivée au Conseil de sécurité, ont été dans l’ensemble positives. « Ce projet est un pas significatif dans la bonne direction », a ainsi déclaré l’ambassadeur mexicain Aguilar Zinser, souvent critique de Washington. Plusieurs diplomates, dont l’ambassadeur mexicain, ont tenu à souligner que « l’atmosphère (au Conseil) était constructive » et « ne pas sentir de blocage ou une atmosphère de confrontation » comparable à celle qui avait précédé le déclenchement de la guerre contre l’Irak en mars. La Russie, autre membre prééminent du clan antiguerre opposé à la politique américaine en Irak, n’avait pas réagi hier au projet de résolution, mais Vladimir Poutine avait déclaré samedi que Moscou « ne voyait rien de mal » à une force internationale en Irak sous commandement américain. M. Poutine avait cependant ajouté qu’il fallait qu’elle soit autorisée par une résolution de l’Onu et que les Nations unies puissent jouer en Irak un rôle réel.
Les perspectives politiques pour l’Irak « restent floues »
Le projet américain ne semble pas à l’heure actuelle, selon plusieurs diplomates s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, remplir ces conditions, pas plus que celle de la transparence de l’utilisation des fonds internationaux destinés à la reconstruction de l’Irak. Les perspectives politiques pour l’Irak « restent floues ».
Le texte réaffirme que l’Onu joue dans l’Irak d’après-guerre un « rôle vital », une formulation qui, selon les opposants à la politique américaine en Irak, n’est ni assez précise ni assez forte. Le projet de résolution réduit en outre le rôle de la force multinationale à la protection des personnels de l’Onu, des institutions irakiennes et de l’infrastructure économique et humanitaire, notent les mêmes diplomates. « Le projet de résolution crée une deuxième force, à côté de celle de la coalition, pour prendre en charge ce qui, aux termes du droit international, revient à la puissance occupante. » Dans le même temps, celle-ci « reste hors de tout contrôle international », relève l’un de ces diplomates.


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