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Actualités

Un autre front, celui des mots et des images

Israéliens et Palestiniens redoublent d’efforts pour l’emporter dans leur guerre des mots et des images, faute de parvenir à une décision sur le terrain où l’intifada va entrer dans sa quatrième année.
Accusée d’exécuter sommairement des activistes palestiniens dans ce qu’elle appelle des « frappes préventives », l’armée israélienne a diffusé la semaine dernière, pour la première fois, le film d’une poursuite par un hélicoptère d’une voiture suspecte. Au dernier moment, le pilote renonce à tirer de crainte de toucher des civils. Le message est clair : l’armée n’a pas la gâchette facile.
La bataille s’étend aux sites Internet, où le mouvement radical islamique palestinien Hamas, s’inspirant curieusement d’une pratique de l’armée américaine en Irak, a publié récemment les photos de dirigeants israéliens avec la mention « Wanted » sur un jeu de cartes.
La guerre médiatique a en fait commencé dès le déclenchement de la seconde intifada fin septembre 2000.
Le politologue israélien Gadi Wolfsfeld explique l’impact médiatique extraordinairement fort du conflit par sa dimension religieuse. « Des violences à Jérusalem, Bethléem ou autres lieux de Terre sainte ne peuvent laisser indifférents des centaines de millions de personnes de par le monde, chrétiens, musulmans et juifs », note-t-il. Il relève aussi l’importance de l’opinion internationale pour deux parties qui dépendent du soutien extérieur.
Pour le chercheur Shaoul Tzadka, « la propagande palestinienne est parvenue à présenter Israël comme un État colonial dont le droit à l’existence est de plus en plus contesté ». Il accuse, à ce sujet, les médias étrangers, surtout européens, de parti-pris anti-israélien en refusant notamment d’appliquer le terme de « terroristes » aux auteurs palestiniens d’attaques-suicide.
À l’opposé, le professeur Yaron Ezrahi considère la dégradation de l’image d’Israël comme « la conséquence inéluctable des actions israéliennes ». « Le monde ne peut tolérer qu’un État souverain comme Israël occupe et colonise un territoire conquis en juin 1967 », souligne ce professeur de sciences politiques à l’université hébraïque de Jérusalem.
Il estime cependant que la droite israélienne « a réussi à imposer une certaine terminologie » dans les médias. Cela a commencé par le refus d’employer le terme « territoires occupés ». Des consignes précises ont été données il y a déjà un quart de siècle à la radio-télévision d’État d’utiliser le terme de « Judée Samarie » pour la Cisjordanie.
De même, les médias officiels israéliens ont pour consigne d’appeler « terroristes » tous les activistes palestiniens, qu’ils participent à des attaques contre des militaires dans les territoires occupés ou commettent des attentats-suicide en Israël.
L’armée évite les termes de « colonies » ou « implantations » dans ses communiqués en anglais pour ne parler que de « communautés ». Le directoire de la radio-télévision publique a même recommandé récemment de ne plus utiliser le mot « intifada » ou d’autres termes en arabe.
Israéliens et Palestiniens redoublent d’efforts pour l’emporter dans leur guerre des mots et des images, faute de parvenir à une décision sur le terrain où l’intifada va entrer dans sa quatrième année.Accusée d’exécuter sommairement des activistes palestiniens dans ce qu’elle appelle des « frappes préventives », l’armée israélienne a diffusé la semaine dernière, pour la première fois, le film d’une poursuite par un hélicoptère d’une voiture suspecte. Au dernier moment, le pilote renonce à tirer de crainte de toucher des civils. Le message est clair : l’armée n’a pas la gâchette facile.La bataille s’étend aux sites Internet, où le mouvement radical islamique palestinien Hamas, s’inspirant curieusement d’une pratique de l’armée américaine en Irak, a publié récemment les photos de...