« Je suis soulagé », avoue d’emblée un Makelele (30 ans/24 sélections), détendu, au Centre technique national de Clairefontaine où les Bleus préparent les matchs qualificatifs, et décisifs, à l’Euro 2004 contre Chypre et la Slovénie.
« Cela a été un feuilleton très long. Un combat. Les négociations ont été dures, raconte le milieu. Mais cela se termine bien. D’autant que je signe dans un club qui me voulait à 100 %. C’était une chance à saisir. »
Décidé depuis plusieurs semaines a quitter le Real, lequel ne souhaitait pas l’augmenter comme il le réclamait depuis de longs mois alors qu’il n’avait que le 14e salaire du club, Makelele ne nourrit ni regret ni amertume.
« Pendant trois saisons, j’ai vécu énormément de choses, explique-t-il. Si j’ai atteint un tel niveau, c’est grâce au Real. Il n’y a aucune rancune, mais il faut que je tourne la page. Je veux m’investir à fond dans Chelsea. »
Un club, repris en début d’été par le milliardaire russe Roman Abramovitch qui, à lui seul, a réalisé la majorité des transferts les plus retentissants de l’intersaison (Crespo, Mutu, Veron...) pour un total de 170 millions d’euros.
« Ambitieux » Chelsea
« Le projet de Chelsea est intéressant, et je suis ambitieux », avoue l’ancien joueur de Nantes et de Marseille, tout en concédant que le salaire qui lui est offert à Londres a été déterminant dans son choix (il est passé de 100 000 à 290 000 euros mensuels). Son refus de rester au prestigieux Real, faute de voir sa rémunération croître, a choqué certains socios (abonnés du Real). « Si les clubs peuvent faire du business avec les joueurs, pourquoi ces derniers n’en auraient-ils pas le droit ? rétorque-t-il. Cela faisait deux ans que je réclamais une augmentation. Le club le savait. J’ai toujours été correct et exemplaire. »
« Je n’ai pas envie de polémiquer ni, finalement, que les gens sachent ce qu’il ne s’est pas passé. Ce n’est pas intéressant », note Makelele, lassé par la tragicomédie de son transfert, qui, sans en dire plus, regrette qu’il y ait « souvent des choses incompréhensibles dans le football ».
« À ce prix-là (il a été transféré pour 24 millions d’euros), il n’y a pas de temps d’adaptation ! » rigole-t-il, lorsqu’on lui demande s’il saura s’adapter rapidement.
« Il faudra que je sois vite dans le rythme, dans un championnat et un contexte de jeu que je ne connais pas », précise celui qui retrouvera chez les Blues d’autres habitués des Bleus, à commencer par le capitaine Marcel Desailly, mais aussi William Gallas et Emmanuel Petit.
« Je n’ai pas eu trop le temps de discuter avec eux du club », reconnaît-il, même si les joueurs d’Arsenal l’ont un peu « guidé » dans Londres. « Chelsea, j’y crois, insiste-t-il. Le groupe a énormément de possibilités avec tous ses internationaux. Si la mayonnaise prend, cela peut faire des dégâts », estime l’ancien partenaire de Zidane en Espagne.


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