Pas même un début d’incendie sur sa voiture. Et pourtant, lorsqu’au 23e tour, lors du premier ravitaillement, les flammes s’échappèrent du réservoir de la Ferrari « numéro un », de l’embout du tuyau de remplissage, on pouvait penser que les rivaux de l’Allemand venaient de recevoir un coup de pouce du destin. « Je regardais autour de moi ce qui se passait, racontait Michael Schumacher. J’ai vu le feu. Ce n’était pas terrible. Mais les gars l’ont éteint. Et j’ai continué car il n’y avait pas eu de dommage sur la voiture. » Aussi simple que cela.
Pas un moment de crainte, rien. Si ce n’est un geste du revers de la main pour nettoyer la visière qui avait été aspergée du liquide des extincteurs utilisés par les mécaniciens pour circonscrire l’incendie. « Je ne pense pas qu’il y ait grand-chose à dire. Les mécaniciens ont peut-être trouvé que j’étais un peut trop cool, ils ont essayé de me réchauffer un peu », a plaisanté Schumacher. « Dans un moment où on a eu ce petit problème, on a parfaitement géré et ensuite, la voiture a très bien marché », a-t-il ajouté
« Pas une surprise »
En tête jusque-là, le quintuple champion du monde venait cependant de perdre une dizaine de secondes et la tête au profit de Juan Pablo Montoya et Kimi Raikkonen. Au 32e tour cependant, une épaisse fumée s’échappait de l’arrière de la Williams, du moteur BMW. Michael Schumacher profitait du ralentissement de la voiture du Colombien pour passer à la fois la Williams et la McLaren du Finlandais. Revenu en tête, le pilote Ferrari allait reprendre son envol. Comme il l’avait fait après deux départs avortés en raison de problèmes sur la Toyota du Brésilien Cristiano da Matta, puis après l’intervention de la voiture de sécurité (2e eu 4e tour) pour enlever la Minardi de Jos Verstappen immobilisée peu après le troisième départ. Et enfin, durant une courte averse (14 au 18e tour). Hier à Spielberg, personne n’était de taille à lutter contre Michael Schumacher. Pas plus Montoya et Raikkonen que Barrichello à qui, contrairement à l’an passé, la Scuderia n’a pas eu besoin de passer des « consignes ». L’Allemand s’octroyait une nouvelle victoire, une de plus, la 67e de sa carrière, la troisième consécutive cette saison après Imola, puis Barcelone pour les débuts de la F2003 GA. « Ce n’est pas une surprise, nous avons vu toute la fin de cette semaine que l’on était bien. Mais cette course a été amusante et le ravitaillement chaud, très chaud », plaisantait Michael Schumacher.
La MP4-18 au Ricard
Un autre pilote que l’Allemand aurait pu réaliser un exploit : Fernando Alonso. Contraint de partir des stands, suite à une demande d’intervention sur la voiture, le jeune Espagnol était en mesure de réaliser quelque chose de très grand, à l’image de son talent. Parti pour un seul arrêt, Alonso était remonté de la dernière à la 5e place au 36e tour, et en mesure de viser la 4e position... avant d’être trahi par son moteur (45e). Alonso éliminé, Jenson Button pouvait saisir cette 4e place devant Coulthard, Ralf Schumacher, Webber et Trulli. Jacques Villeneuve aurait pu, lui aussi, venir compléter la réussite de BAR. Mais un problème pour enclencher la première après son second ravitaillement (49e) le rejetait dans les profondeurs du classement. Désormais, Raikkonen ne compte plus que deux points d’avance sur Michael Schumacher au championnat, et McLaren-Mercedes a perdu la tête pour un petit point au profit de Ferrari. Chez McLaren, l’arrivée de la nouvelle MP4-18 devient plus urgente que jamais. Elle effectuera ses premiers tours de roue trois jours durant à partir de mercredi au Paul-Ricard.


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