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Repos avant l’échéance du contre-la-montre

Exténués par la canicule et le rythme des dix premières étapes, les coureurs du Tour de France ont vécu hier une journée de repos et de doute car tous savent, à commencer par Lance Armstrong, que le le plus dur est à venir. Au départ de Narbonne, aujourd’hui, il y aura encore à disputer les deux étapes contre la montre, dont celle très difficile, demain, sur 47 km surchauffés du Tarn, entre Gaillac et Cap Découverte.
Viendront ensuite quatre étapes dans les Pyrénées, deux arrivées en altitude au-dessus d’Aix-les-Thermes, samedi, et Luz-Ardiden. Deux ascensions hors catégorie, le Tourmalet et la montée de Luz-Ardiden, et sept de première catégorie, plateau de Bonascre, La Core, Menté, Portillon, Peyresourde, Soudet et l’infernal Bagarguy, seront au programme. Un programme qui fait dire à Christophe Moreau que « ce sera terrible ».
« Après la journée de repos à Pau il y aura encore une étape vers Bayonne avec un col de Bagarguy, neuf kilomètres à plus 9 % de moyenne, où il faudra utiliser un braquet de 39x25 », ajoute-t-il.
« Les traits sont déjà bien tirés, on s’est déjà bien travaillé la couenne, Armstrong comme les autres. Si à un moment donné la course ne se donne pas un peu de répit, on ira tous vers le point de rupture. Nous sommes commes des boxeurs, on risque le KO. »
La grande question de la journée de repos était donc de savoir qui des favoris a le mieux géré ses efforts, le mieux soulagé son organisme. Qui présente aujourd’hui le meilleur état de fraîcheur ?
Et tous les regards se tournent vers Lance Armstrong.
Certes, l’Américain porte le maillot jaune depuis l’Alpe-d’Huez. Certes, la disparition sur chute de Joseba Beloki l’a débarrassé de celui qui semblait le plus déterminé à courir à sa perte. Certes, la fatigue de Gilberto Simoni le préserve d’un combat en montagne qu’il n’avait peut-être pas envie de mener. Mais Armstrong semble inquiet, il ne semble plus habité de la confiance qui était la sienne depuis 1999.

« Je me sens moins fort »
Aujourd’hui, ses adversaires se nomment principalement Iban Mayo et Alexandre Vinokourov. Jan Ullrich qui, forcément, va continuer de s’améliorer, Denis Menchov et Francisco Mancebo, les jeunes qui montent de l’équipe Ibanesto.com, Tyler Hamilton, son ancien coéquipier à la résistance proprement phénoménale, sont autant de clients dont la défaite n’est pas non plus acquise. En fait Lance Armstrong est confronté à une situation inédite pour lui : il est dans l’inconnu.
« Je me sens moins fort que les autres années. Je n’arrive pas à décrypter mes sensations », a-t-il reconnu à l’Alpe-d’Huez. Peut-être bluffe-t-il, peut-être a-t-il décidé de tout miser sur cette deuxième partie du Tour où tout va se jouer, où l’expérience prendra un rôle aussi grand que le talent, mais il va devoir répondre à une course un peu folle, que son équipe peine à maîtriser.
Dans la perspective des Pyrénées envahies de supporteurs espagnols, l’US Postal va devoir endiguer les offensives des grimpeurs espagnols, surveiller tous les autres, notamment ce diable d’Alexandre Vinokourov, dont personne ne connaît les limites.
Pas de doute, Lance Armstrong compte frapper un grand coup dans le premier contre-la-montre demain. Il espère assommer ses adversaires comme il l’a encore fait dans le chrono du dernier Critérium du Dauphiné-Libéré. S’il rejette Vinokourov à plus de trois minutes et Mayo à cinq comme il l’escompte lui-même, il lui sera plus facile de gérer.
Si tel n’est pas le cas, il sera contraint tôt ou tard de se découvrir, de faire la différence en montagne et s’il est habité par le doute, c’est parce qu’il est le premier à savoir qu’il n’a pas pu faire la différence dans l’Alpe-d’Huez. Plus que jamais présente dans ce Tour du centenaire, l’histoire rappelle que la cinquième victoire de ses glorieux aînés a toujours été la plus difficile à obtenir.
Jacques Anquetil ne s’était rétabli que de justesse face à Raymond Poulidor en 1964. Eddy Merckx a avoué n’avoir jamais autant souffert qu’en 1974. Bernard Hinault a dû pactiser avec son équipier Greg LeMond en 1985. Miguel Indurain avait été bien ébranlé par Laurent Jalabert et Alex Zülle en 1995.
Exténués par la canicule et le rythme des dix premières étapes, les coureurs du Tour de France ont vécu hier une journée de repos et de doute car tous savent, à commencer par Lance Armstrong, que le le plus dur est à venir. Au départ de Narbonne, aujourd’hui, il y aura encore à disputer les deux étapes contre la montre, dont celle très difficile, demain, sur 47 km surchauffés du Tarn, entre Gaillac et Cap Découverte.Viendront ensuite quatre étapes dans les Pyrénées, deux arrivées en altitude au-dessus d’Aix-les-Thermes, samedi, et Luz-Ardiden. Deux ascensions hors catégorie, le Tourmalet et la montée de Luz-Ardiden, et sept de première catégorie, plateau de Bonascre, La Core, Menté, Portillon, Peyresourde, Soudet et l’infernal Bagarguy, seront au programme. Un programme qui fait dire à Christophe Moreau que...