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Yasser Arafat et Mahmoud Abbas se réconcilient... pour le moment

Un accord conclu entre le leader Yasser Arafat et son Premier ministre Mahmoud Abbas pour surmonter leurs divergences risque de ne pas tenir lorsque les Palestiniens devront prendre des décisions cruciales concernant les négociations avec Israël, estiment des analystes hier.
Les deux hommes ont accepté d’enterrer la hache de guerre lundi soir lors d’une rencontre au quartier général de M. Arafat à Ramallah en Cisjordanie. Ils avaient auparavant refusé de se voir pendant près d’une semaine à la suite d’un profond désaccord sur l’attitude jugée trop modérée de M. Abbas dans les discussions avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon.
Mais Mahdi Abdelhadi, qui dirige l’Académie palestinienne pour les affaires internationales à Jérusalem, estime que l’apparition de nouveaux désaccords entre les deux hommes est inévitable.
« La crise en cours est due à l’existence de deux approches au sein de la direction palestinienne », affirme M. Abdelhadi.
Le conflit s’est envenimé le 7 juillet quand le comité central de leur mouvement, le Fateh, a tenu une réunion houleuse présidée par M. Arafat, durant laquelle le Premier ministre a été accusé d’être trop conciliant vis-à-vis d’Israël, notamment sur la question de la libération des prisonniers palestiniens.
À l’issue de cette réunion, M. Abbas a présenté sa démission du comité central du Fateh, qui l’a refusée. Il a également menacé de renoncer à ses fonctions de chef du gouvernement.
Selon le commentateur politique palestinien, Hani al-Masri, la dispute illustre le fait que la patience de Yasser Arafat a des limites vis-à-vis de l’approche modérée de Mahmoud Abbas, avec qui il a fondé il y a quelque 40 ans le Fateh.
M. Arafat a également marqué son mécontentement à propos de l’échec de M. Abbas à obtenir d’Israël qu’il retrouve sa liberté de mouvement après 19 mois de siège de son QG à Ramallah, ou à amender le projet de construction d’une clôture électronique le long de la Cisjordanie, qui va « mordre dans plusieurs secteurs » sur les territoires palestiniens.
« Il y a deux écoles : Mahmoud Abbas avec son gouvernement croit que seules les négociations peuvent aboutir, alors que Yasser Arafat estime que tous les choix sont possibles et que toute solution n’est pas forcément acceptable », ajoute M. Masri.
« Tant que les problèmes du siège du président (Arafat), des prisonniers et du mur de séparation ne sont pas résolus, la crise continuera », prévoit-il.
Pour M. Abdelhadi, l’épreuve de force entre Yasser Arafat et celui qui a été longtemps présenté comme son successeur illustre l’incapacité du président de l’Autorité palestinienne de prendre en compte les « nouvelles réalités politiques ».
« Yasser Arafat a dirigé le mouvement national palestinien pendant plus de trois décennies avec comme slogan la révolution jusqu’à la victoire, poursuit l’universitaire. Mais le mouvement national est entré dans une nouvelle phase en passant de cette théorie à la notion de négociations jusqu’à la création d’un État que Mahmoud Abbas personnifie. »
Selon lui, la seule solution à long terme serait de tenir des élections générales, mais un tel scrutin ne peut être organisé tant qu’Israël continue à occuper les territoires palestiniens.
« La fin de la crise dépend de la décision d’Israël de lever le bouclage des territoires palestiniens, car lorsque la vie redeviendra normale, il sera possible de voter et de mener sérieusement des réformes », souligne-t-il.
Un accord conclu entre le leader Yasser Arafat et son Premier ministre Mahmoud Abbas pour surmonter leurs divergences risque de ne pas tenir lorsque les Palestiniens devront prendre des décisions cruciales concernant les négociations avec Israël, estiment des analystes hier.Les deux hommes ont accepté d’enterrer la hache de guerre lundi soir lors d’une rencontre au quartier général de M. Arafat à Ramallah en Cisjordanie. Ils avaient auparavant refusé de se voir pendant près d’une semaine à la suite d’un profond désaccord sur l’attitude jugée trop modérée de M. Abbas dans les discussions avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon.Mais Mahdi Abdelhadi, qui dirige l’Académie palestinienne pour les affaires internationales à Jérusalem, estime que l’apparition de nouveaux désaccords entre les deux hommes...