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Hamilton dans la lignée des plus vaillants

Courage ou inconscience, l’Américain Tyler Hamilton poursuit le Tour de France malgré une clavicule cassée dans un effort douloureux qui illustre une nouvelle fois la vaillance des coureurs cyclistes. Entre Charleville-Mézières et Saint-Dizier (204,5 km), le leader de l’équipe danoise CSC a serré les dents une nouvelle fois, deux jours après sa chute à la fin de la première étape. « C’est lui qui a décidé de continuer », a souligné son directeur sportif Bjarne Riis, partisan de l’abandon dès la révélation du diagnostic, dimanche soir. Hamilton, un dur au mal, un tenace, a préféré attendre, lutter le plus longtemps possible, tant qu’il reste une petite chance. Vingt ans plus tôt, Pascal Simon, porteur du maillot jaune, n’avait pas fait autrement dans le Tour 1983 malgré une fracture de l’omoplate. Le Champenois avait tenu six jours, il avait surmonté même l’escalade du Puy-de-Dôme contre-la-montre avant de renoncer dans la première étape alpestre.
Ce type de faits d’armes a nourri l’histoire séculaire du cyclisme. Dans le Giro 1956, l’Italien Fiorenzo Magni, une épaule cassée, avait fait installer sur son guidon une lanière qu’il serrait entre les dents afin d’utiliser la force de ses mâchoires dans un contre-la-montre en côte à San Luca, au-dessus de Bologne. Mais, à l’époque, les diagnostics étaient moins précis qu’aujourd’hui et la nature exacte de la blessure du Toscan sujette à vérification.

Des cas particuliers
« Hamilton a ce que nous appelons une fissure, c’est-à-dire un trait de fracture sur un os qui n’a pas bougé », a expliqué à l’AFP le Dr Porte. « Les deux extrémités fracturées sont restées au contact. Avec de simples élastoplats par-dessus, cela empêche de bouger. C’est de cette manière qu’il a pu terminer l’étape. »
Le médecin a souligné que le leader de l’équipe danoise aurait été contraint d’abandonner s’il avait eu une fracture de la clavicule classique : « Si les deux morceaux bougeaient l’un par rapport à l’autre, ce serait impossible de continuer. On n’arrive pas à tirer sur le guidon, la douleur à l’épaule est trop forte ». L’an passé, Hamilton, en habitué aux coups durs, avait disputé les deux tiers du Giro avec l’autre épaule (gauche) cassée. Il ne l’avait su que plusieurs jours après l’arrivée à Milan, où il s’était classé deuxième du classement général. « D’après ce que l’on m’a dit, il s’agissait plutôt d’une luxation acromio-claviculaire », corrige toutefois le Dr Porte.
Opportunément, le médecin de l’équipe danoise, le Dr Joost De Maesener, rappelle aussi l’une des caractéristiques du sportif de haut niveau, du coureur cycliste en particulier : « Ce qui est valable pour un patient normal ne l’est pas obligatoirement pour un coureur cycliste. »

« J’arrête si j’ai trop mal »
« Chaque malade est un cas particulier, souligne le Dr Porte. De façon générale, méfions-nous des interprétations de gens qui n’ont pas examiné eux-mêmes le malade. »
« On peut toujours tomber à vélo, a également déclaré le médecin-chef du Tour. S’il retombe sur cette clavicule, il risque bien de compléter la fracture et, là, de ne pas repartir. Mais le Tour est un tel objectif pour les coureurs que s’ils ont une chance de continuer, ils essayent de la saisir. C’est ce que m’a dit Hamilton avant le départ de la deuxième étape : “J’essaye et j’arrête si j’ai trop mal”. Dans son cas, il n’y a pas de contre-indication médicale parce que les deux fragments osseux sont l’un dans l’autre. Sinon, il est évident qu’on l’empêcherait de continuer. »
Courage ou inconscience, l’Américain Tyler Hamilton poursuit le Tour de France malgré une clavicule cassée dans un effort douloureux qui illustre une nouvelle fois la vaillance des coureurs cyclistes. Entre Charleville-Mézières et Saint-Dizier (204,5 km), le leader de l’équipe danoise CSC a serré les dents une nouvelle fois, deux jours après sa chute à la fin de la première étape. « C’est lui qui a décidé de continuer », a souligné son directeur sportif Bjarne Riis, partisan de l’abandon dès la révélation du diagnostic, dimanche soir. Hamilton, un dur au mal, un tenace, a préféré attendre, lutter le plus longtemps possible, tant qu’il reste une petite chance. Vingt ans plus tôt, Pascal Simon, porteur du maillot jaune, n’avait pas fait autrement dans le Tour 1983 malgré une fracture de l’omoplate. Le...