Ils étaient tous réunis hier matin sur le circuit de Nevers/Magny-Cours, avant le Grand Prix de France, après la lettre qui leur avait été adressée par Paul Stoddart, patron de Minardi, leur annonçant que, suite à sa décision de revenir sur sa signature en commission de F1 de reporter 2004 l’interdiction des aides électroniques, de l’antipatinage, ses voitures seraient dépourvues de ces aides dès Silverstone. Et qu’il comptait que les autres équipes en fassent autant. « Paul Stoddart a signé. On ne revient pas sur sa signature, quel que soit le prétexte, déclarait Flavio Briatore, directeur général de Renault, à la sortie de la réunion. Il est cependant certain que chaque équipe doit venir en aide à Minardi. Seuls Ron Dennis et Frank Williams rechignaient à faire un geste, mais cela va s’arranger. Nous allons tout mettre en œuvre pour que Ron et Frank acceptent d’aider Minardi. »
À l’issue de la réunion d’ailleurs, Paul Stoddart et Ron Dennnis marchaient côte à côte, discutant calmement. Alors que la veille, le patron de McLaren fustigeait l’attitude de l’Australien. « Il est difficile de percer ce qui se cache derrière cette manœuvre, disait Dennis samedi soir. Il me semble que Stoddart veuille déstabiliser la F1, provoquer une cassure entre les équipes et les autorités de ce sport. » « Il se dégage une impression positive », notait même un représentant de la Fédération internationale automobile (FIA), qui assistait à la sortie des patrons d’écurie. « Je suis assez optimiste. Nous allons nous revoir », confirmait Stoddart.
Vers un week-end modifié
Le directeur de Renault devait également révéler qu’une proposition de modification de programme des Grands Prix, une réorganisation complète de l’ordonnancement du week-end, était actuellement à l’étude et qu’elle serait discutée en commission F1 prochainement.
Pour de nombreux patrons d’écurie, les promoteurs de Grands Prix, il paraît en effet urgent de proposer au public un programme plus fourni pour freiner la désaffection enregistrée sur de nombreux circuits européens. « Vous voyez, ici à Magny-Cours. Les gens sont dans les tribunes depuis 9h, et, pour tout spectacle, ils n’ont que la parade des pilotes et la Porsche Supercup. Ils doivent attendre jusqu’à 14h le départ du Grand Prix », remarquait Flavio Briatore. Ce dernier expliquait ainsi que plusieurs patrons d’équipe, les promoteurs, étaient favorables à un week-end de Grand Prix composé d’essais libres toute la journée du vendredi. « Cela aurait également l’avantage de réduire les coûts. Cela remplacerait des essais privés. Matériel, personnel, réservations d’hôtels, nous pourrions faire des économies », insistait Briatore. Le samedi, lui, se décomposerait en une heure d’essais libres le matin puis, l’après-midi, d’une heure de qualifications et des essais de la F3000. Quant au dimanche, une heure encore de qualifications pour la F1, et la course de Formule 3000 composeraient le programme du matin. Avec le Grand Prix l’après-midi.
« Nous nous heurtons au refus de Ferrari notamment. Il faudra sans doute tenter de faire passer ça en force lors d’une prochaine commission F1 », disait le directeur général de Renault.


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