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FORMULE 1 Jean Todt ou le bâtisseur de rêve

Il y a dix ans, le jeudi 1er juillet 1993, en arrivant sur le circuit de Nevers-Magny-Cours pour le Grand Prix de France de Formule 1, Jean Todt prenait ses fonctions de directeur de la gestion sportive de Ferrari. Le Français était auréolé de ses réussites avec Peugeot : championnat du monde des rallyes avec la 205 Turbo 16, Paris-Dakar, 24 Heures du Mans avec la 905. Tout ce qu’avait touché Todt s’était transformé en victoire. Mais voilà. En arrivant chez Ferrari, le Français trouvait une équipe minée par des querelles internes, en mal de victoires, le dernier titre mondial pilotes remontant à 1979 avec le Sud-Africain Jody Scheckter. Jean Todt s’attaquait à son plus « gros chantier », bâtir une Scuderia victorieuse, stable. Tous ses prédécesseurs avaient échoué dans cette tâche titanesque. Jean Todt, lui, allait réussir, transformer le rêve des tifosi en réalité. Dix ans plus tard, ce 1er juillet 2003, la stabilité est la force première de la Scuderia. Et le palmarès plus impressionnant que jamais. L’ère Todt, ce sont 52 « poles », 60 victoires, 4 titres mondiaux constructeurs et trois titres pilotes consécutifs. « Ce dont je suis le plus fier, c’est de voir la situation actuelle de Ferrari, ce palmarès », constate aujourd’hui Jean Todt.

L’hommage de Michael
Depuis dix ans qu’il a été nommé à la tête de la Scuderia Ferrari, Jean Todt peut en effet s’enorgueillir d’avoir bâti une véritable « dream team » régnant en maître sur la Formule 1 depuis plusieurs années. « J’ai réussi à constituer une équipe extraordinaire à tous les niveaux, explique le Français. Ferrari peut s’apparenter à une famille qui s’entend bien, mais c’est plutôt une équipe extrêmement liée. C’est le fruit de différents ingrédients mis ensemble, de moments extrêmement forts vécus ensemble qui font qu’aujourd’hui, il y a une énorme solidarité dans l’équipe. Un respect également. » Aujourd’hui, chacun reconnaît les mérites de Todt. À commencer par Michael Schumacher. Si l’Allemand a sauté le pas, décidé d’intégrer la Scuderia fin 1995 au lendemain d’un deuxième titre mondial chez Benetton, c’est en effet parce que Todt était en place. « Jean Todt a fait énormément pour Ferrari, témoigne Michael Schumacher. Par le passé, c’était une équipe minée par les histoires politiques. Tout le monde éprouvait des craintes soit à accepter le poste de Todt, soit d’être un pilote Ferrari ou de travailler pour Ferrari car vous ne saviez jamais combien de temps vous alliez passer dans cette équipe. »

« Suzuka 2000 »
« Jean (Todt) est là depuis dix ans. Moi j’y suis depuis sept et bien d’autres personnes à des postes importants également, notamment des mécaniciens, poursuit le pilote. Il y a une grande stabilité. Et tout ça, grâce à Jean Todt. Il a engagé les gens qu’il fallait, les a rendus plus forts, et heureux de rester, de continuer à se battre, à être motivés. Tout cela, c’est à Jean Todt que nous le devons. » Quand on demande à Jean Todt quels sont les bons et mauvais moments qu’il garde en mémoire de ces dix ans, il n’hésite pas. « Pour moi, le meilleur souvenir restera Suzuka, le Grand Prix du Japon 2000 et le premier titre mondial avec Michael (Schumacher) », dit Todt. Cette réussite mettait fin à vingt ans d’attente. « Quant au plus mauvais, il y en a eu mais incontestablement, le plus pénible restera l’accident de Michael à Silvertsone », indique le directeur de Ferrari. Pour ce dernier, ce dixième anniversaire n’est cependant qu’une étape. Jamais rassasié, Todt et son équipe ont décidé de prolonger leur oeuvre, le plaisir d’être ensemble aussi, en prolongeant jusqu’à fin 2006 leurs contrats.
Il y a dix ans, le jeudi 1er juillet 1993, en arrivant sur le circuit de Nevers-Magny-Cours pour le Grand Prix de France de Formule 1, Jean Todt prenait ses fonctions de directeur de la gestion sportive de Ferrari. Le Français était auréolé de ses réussites avec Peugeot : championnat du monde des rallyes avec la 205 Turbo 16, Paris-Dakar, 24 Heures du Mans avec la 905. Tout ce qu’avait touché Todt s’était transformé en victoire. Mais voilà. En arrivant chez Ferrari, le Français trouvait une équipe minée par des querelles internes, en mal de victoires, le dernier titre mondial pilotes remontant à 1979 avec le Sud-Africain Jody Scheckter. Jean Todt s’attaquait à son plus « gros chantier », bâtir une Scuderia victorieuse, stable. Tous ses prédécesseurs avaient échoué dans cette tâche titanesque. Jean Todt, lui,...