Alors qu’il a eu une ascension météorique, c’est vrai qu’il a l’air d’en vouloir à la terre entière, le petit prodige d’Adélaïde. En attendant que sa compagne, la Belge Kim Clijsters (n° 2), en finisse, le jour de repos traditionnellement observé le premier dimanche à Wimbledon devrait lui donner l’occasion de méditer sur cette première très amère expérience. Que ne prend-il exemple sur elle, modèle de sérénité dans la défaite dans la demi-finale de Melbourne et la finale de Roland-Garros !
La casquette à l’endroit
De petits changements peuvent produire de grands effets. Ainsi en va-t-il pour l’Américain Andy Roddick (n° 5), qui s’est séparé de son entraîneur français Tarik Benhabiles après quatre ans de bonne et amicale collaboration, à la suite de son échec au premier tour à Roland-Garros.
Désormais sous la coupe de son compatriote Brad Gilbert, qui entraîna pendant huit ans Andre Agassi (n° 2), Roddick n’a jamais paru aussi sûr de lui-même. Un peu pris par le temps, Gilbert n’a pourtant changé qu’une seule chose chez son nouveau poulain : la casquette, que Roddick porte à l’endroit et non plus à l’envers, ce qui lui confère apparemment une terrible efficacité.
Côté britannique, les choses vont toujours aussi mal. Pour la première fois depuis le début de l’ère Open, en 1968, aucune des cinq représentantes de Sa Gracieuse Majesté n’a gagné le moindre match. Et Tim Henman (n° 10) sera bien seul en deuxième semaine, après trois victoires sur des qualifiés, dans sa quête pathétique d’une première victoire locale depuis 1936.
Lassés d’attendre, les parraineurs auraient tendance à fuir vers le golf. Pourtant, la Lawn Tennis Association, c’est-à-dire la fédération britannique, estime que le nombre des joueurs qui pratiquent au moins une fois par semaine est passé de 2,8 à 3,5 millions dans le pays en un an, de 2001 à 2002. Mais on sait qu’il n’y a plus de relation directe entre la masse et l’élite dans aucun sport.
Quatre Espagnols au 3e tour
Après le deuxième tour, il restait encore quatre Espagnols qualifiés sur les douze au départ. Leur moyenne d’âge était de 20 ans et demi. Preuve que les échecs sur le gazon ne sont pas une fatalité pour les derniers enfants de la terre battue. Et le vainqueur de Roland-Garros, Juan Carlos Ferrero (n° 3), continue son chemin après avoir cédé un set au Français Nicolas Escudé, qui avait été le seul à en prendre un à Agassi à Melbourne. Trahi une fois de plus par sa fragilité, Escudé a cependant été contraint d’abandonner.
En battant le Slovaque Karol Kucera en cinq sets au troisième tour, l’Argentin David Nalbandian (n° 6) a démontré qu’il n’avait pas usurpé sa place en finale l’an dernier. Des finalistes très inattendus au point de passer pour des imposteurs, il est maintenant le meilleur.
Le Néo-Zélandais Chris Lewis, qui fut finaliste contre l’Américain John McEnroe en 1983, ne passa plus le deuxième tour d’un tournoi du grand chelem ensuite. Et l’Américain MaliVai Washington, qui participa à la finale gagnée par le Néerlandais Richard Krajicek en 1996, n’en passa qu’un seul.
Dans de ce début de tournoi des extrêmes, la part belle aura été faite au gigantisme, avec le Croate Ivo Karlovic (2,08 m), tombeur de Lleyton Hewitt, à la jeunesse, avec l’Espagnol Rafael Nadal (17 ans) et le Suédois Robin Soderling (18 ans), parvenus au troisième tour, et à l’expérience, avec un autre Suédois. À 31 ans et pour son dixième Wimbledon, Jonas Bjorkman n’a commis que 5 fautes directes pour parvenir en 8e de finale en battant l’Américain Justin Gimelstob.


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