Les clients du café Hajj Ali ont abandonné leurs jeux de domino et leurs conversations à l’annonce de la réapparition de l’ancien ministre qui avait disparu depuis la chute de Bagdad, le 9 avril.
Mohammed Saïd al-Sahhaf est devenu célèbre dans le monde avec ses interventions devant les caméras de télévision durant la guerre. La veille de la chute de Bagdad, le 9 avril, il affirmait encore que les Américains n’étaient pas entrés dans la capitale, alors que les chars n’étaient plus qu’à quelques centaines de mètres de lui.
« Il ressemble à une version plus vieille du tout-puissant ministre de l’époque. Il paraît plus maigre, plus fatigué et ses cheveux sont maintenant tout blancs », commente Wissam al-Ani, le patron du café sur l’avenue Karrada Dakhel.
« Il a vieilli en deux mois. C’est comme si c’était son frère aîné », dit M. Ani, qui rappelle que beaucoup de dirigeants irakiens, comme Saddam Hussein, avaient des doubles pour des raisons de sécurité. @Pour Ahmad Jassem, un vieil habitué du café, cette apparition « prouve qu’il (l’ex-ministre) n’a pas les moyens d’importer des produits pour se teindre » les cheveux. « Nous avons tous vécu dans la pauvreté du temps où les hommes de Saddam abusaient de l’argent public, et je suis heureux de le voir avec ses cheveux naturels. Il a une apparence normale et c’est comme s’il avait enlevé l’horrible masque du régime de Saddam », ajoute-t-il.
De nombreuses rumeurs avaient circulé sur le sort de M. Sahhaf. Certains disaient qu’il avait fui en Syrie, d’autres qu’il s’était réfugié à l’ambassade d’Iran et la plupart des gens affirmaient qu’il était chez sa sœur à Bagdad.
Lui-même a confirmé qu’il avait été arrêté et interrogé par les forces américaines avant d’être relâché.
M. Sahhaf ne figure pas sur la liste américaine des 55 responsables irakiens recherchés par les forces de la coalition.
« Il n’était pas un proche de Saddam. Il était agressif avec les gens, mais il n’avait pas pris part aux crimes horribles de l’ancien régime », dit un chauffeur de taxi, Kazem Ali Hussein.


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