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IMPRESSION Les vendredis 13…

C’était hier, le premier vendredi 13 de l’année. Le dernier datait de septembre, mais le 11 lui avait damé le pion. Désormais, les 11 septembre, au même titre que les mardis 12, date de la chute de Constantinople, marquent un mauvais souvenir pour une partie de l’humanité. Les vendredis 13, on ne sait même plus pourquoi on s’en méfie, mais leur légende est tenace. Est-elle liée à la Passion? au treizième des apôtres, treizième à la cène, celui par qui vint la trahison, misérable instrument d’un dessein dont il ne soupçonnait même pas la dimension ? On ne sait pas, on ne sait plus, mais c’est là. Une date comme une autre au détour du calendrier, mais on se dit que ce jour-là, il vaudra mieux se tenir à carreau, ne rien entreprendre. Tant de jours dans l’année, pour la plupart des jours pour rien, des jours où l’on s’est contenté de vivre, et puis des jours tout aussi anodins, mais qu’un simple chiffre connote de méfiance. Qu’il vous arrive un accident, un vendredi 13, pas de doute, c’est la malédiction. Qu’il ne vous arrive rien, vous y avez échappé. Qu’il vous arrive un bonheur, mais c’est parce que vous allez toujours à contre-courant, et ce qui est mauvais pour les autres est forcément bon pour vous. Que cela se passe un autre jour, c’est le hasard.
Tant de jours dans l’année, mais ils passent si vite. D’un vendredi 13 à l’autre, il s’est déjà écoulé plusieurs mois à la vitesse d’une semaine. On en a fait ce qu’on en a fait, du bon, du mauvais, une flambée de souvenirs parfumée de paille. Comme à quelque chose ou à quelqu’un, malheur est bon parfois, les samedis 14 on y pense. On se dit que la vie est là d’un jour à l’autre avec une belle tension qui appelle à la vivre. La fortune et son envers ne sont après tout que les effigies facétieuses d’une même médaille. L’important, au bout du compte, c’est d’avoir fait ce qu’on aura pu pour la faire tomber dans le bon sens. Même en la retournant au besoin !

Fifi ABOUDIB
C’était hier, le premier vendredi 13 de l’année. Le dernier datait de septembre, mais le 11 lui avait damé le pion. Désormais, les 11 septembre, au même titre que les mardis 12, date de la chute de Constantinople, marquent un mauvais souvenir pour une partie de l’humanité. Les vendredis 13, on ne sait même plus pourquoi on s’en méfie, mais leur légende est tenace. Est-elle liée à la Passion? au treizième des apôtres, treizième à la cène, celui par qui vint la trahison, misérable instrument d’un dessein dont il ne soupçonnait même pas la dimension ? On ne sait pas, on ne sait plus, mais c’est là. Une date comme une autre au détour du calendrier, mais on se dit que ce jour-là, il vaudra mieux se tenir à carreau, ne rien entreprendre. Tant de jours dans l’année, pour la plupart des jours pour rien, des...