« Les forces du martyr Jihad Jibril ont tiré quatre obus de mortier contre le complexe de colonies de Goush Katif et les tirs ont atteint leurs objectifs », a affirmé cette organisation dans un communiqué.
Un porte-parole de l’armée israélienne avait indiqué auparavant que trois obus de mortier ont été tirés vendredi matin contre une colonie juive du sud de la bande de Gaza et un quatrième contre une position militaire voisine, sans faire de blessé.
Jihad Jibril est le fils d’Ahmad Jibril, chef du FPLP-CG, une organisation palestinienne basée à Damas et opposée au processus de paix. Jihad Jibril a été tué il y a un an dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth. Cet attentat a été attribué à Israël par le FPLP-CG.
C’est la première fois qu’une organisation palestinienne prosyrienne fait état de tirs de mortier contre des objectifs israéliens dans les territoires palestiniens occupés, malgré les menaces américaines contre la Syrie.
Washington exige depuis la mi-avril que Damas réduise au silence les organisations radicales palestiniennes qui disposaient d’infrastructures sur son territoire.
Ainsi des cadres du mouvement islamiste Hamas ont indiqué qu’ils acceptaient de réduire leurs activités, notamment de fermer leurs bureaux de presse à Damas afin de ne pas importuner les Syriens.
M. Jibril, dont l’organisation a revendiqué en 2002 une attaque anti-israélienne a partir du Liban-Sud, est un ex-officier de l’armée syrienne. Le FPLP-CG dispose en outre de bases au Liban.
L’Unrwa lance un appel de 103 millions de dollars pour les 6 prochains mois
Le directeur de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), le Danois Peter Hansen, a lancé hier à Genève un appel à hauteur de 103 millions de dollars pour couvrir, pendant les six prochains mois, les besoins humanitaires de la population palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ces fonds devraient servir à fournir une aide alimentaire à 227 500 familles, soit plus de 1,1 million de personnes. Ils devraient permettre également d’aider à la reconstruction des domiciles des personnes sans abri, victimes des démolitions opérées par l’armée israélienne. Ils sont aussi destinés à une assistance médicale aux blessés et aux enfants traumatisés par les violences, a précisé M. Hansen, au cours d’une conférence de presse. Pour les six premiers mois de l’année 2003, l’Unrwa avait demandé 94 millions de dollars et en a reçu 38 millions.
Le Caire appelle à mettre fin
à l’intifada armée
Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Maher, a estimé hier qu’il était nécessaire de mettre fin à l’intifada armée, soulignant qu’elle avait atteint ses objectifs et pourrait se retourner contre ceux qui la mènent. « Il y a un moment pour tout. L’intifada armée a atteint le moment où elle ne peut plus réaliser son objectif », a déclaré M. Maher, cité par le quotidien al-Ahram. Il a souligné la nécessité de « préserver les acquis » de l’intifada, estimant que la poursuite du soulèvement palestinien « serait exploitée contre le peuple palestinien et ses droits ». Le ministre égyptien a en outre affirmé qu’il « existe une chance véritable de réaliser la paix dans la région » et que « l’engagement du président américain George W. Bush montre qu’il est convaincu que le peuple palestinien doit obtenir un État indépendant ». Par ailleurs, M. Maher a réaffirmé que le retour de l’ambassadeur d’Égypte en Israël ne serait décidé que si « des négociations sérieuses » sont entamées et Israël adopte une « attitude encourageant les progrès dans le processus de paix ». L’Égypte, qui a signé un traité de paix avec Israël en 1979, a rappelé en novembre 2000 son ambassadeur en Israël, dénonçant « l’usage excessif de la force » par l’armée israélienne dans les territoires palestiniens.
Downing Street aurait réécrit
« six à huit fois » le rapport sur les ADM
L’entourage du Premier ministre britannique et parfois Tony Blair lui-même ont demandé « six à huit fois » aux services de renseignements de réécrire le dossier sur les armes de destruction massives irakiennes, a affirmé la BBC. Selon la BBC, citant une « source proche des services de renseignements », Tony Blair en personne a été impliqué à un moment donné dans ces décisions de faire réécrire le dossier sur l’Irak, avant que celui-ci soit finalement publié en septembre 2002. Cette affirmation vient appuyer une première information du spécialiste du programme matinal Today de la BBC en matière de défense, Andrew Gilligan, selon qui les services de renseignements britanniques s’étaient vu demander par Downing Street de « rendre plus sexy » le dossier irakien afin d’obtenir un soutien plus massif à une éventuelle entrée en guerre contre le régime de Saddam Hussein.
Les « preuves » US sont un « gros bluff », estime un ex-inspecteur
Les preuves supposées de la détention par Bagdad d’armes de destruction massive, présentées par le secrétaire d’État américain Colin Powell en février devant les Nations unies, étaient « un gros bluff », a déclaré un inspecteur en désarmement de l’Onu dans une interview. « Ce qu’a dit M. Powell était tout simplement faux », a affirmé l’Allemand Peter Franck, inspecteur en désarmement de l’Onu en Irak de décembre 2002 à mars 2003, dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel. M. Powell avait notamment présenté à l’Onu des images satellite de supposés véhicules de décontamination, visant à prouver que l’Irak développait des armes chimiques. Selon M. Franck, il s’agissait en fait de véhicules de pompiers. « On peut interpréter beaucoup de choses dans les images », a relevé M. Franck. « Je n’ai jamais eu d’indice qu’un agent (américain) ait été vérifier sur place », a-t-il déploré. Les États-Unis ont de manière générale donné de fausses informations sur la force et l’équipement de l’armée irakienne, a-t-il ajouté. L’inspection d’une base aérienne a ainsi prouvé que l’estimation par Washington du nombre d’avions était cinq fois trop élevée.
Tony Blair est-il un menteur ?
s’interroge « The Economist »
The Economist, « Bible » des milieux économiques et financiers, pose la question dans son dernier numéro : Tony Blair a-t-il menti au sujet des pseudo armes de destruction massive (ADM) irakiennes, toujours introuvables deux mois après la chute de Bagdad ? Le prestigieux hebdomadaire britannique pose la question à la une (« Bliar ? »), en jouant sur les mots « liar » (menteur) et Blair. The Economist ne va pas jusqu’à traiter de menteur le Premier ministre britannique, attaqué de toute part pour avoir largement exagéré la menace irakienne dans le but de « retourner » une opinion publique au départ hostile à la guerre en Irak. Mais le seul fait de poser la question est déjà exceptionnel, surtout de la part d’un journal aussi respecté que The Economist, et illustre la perte de crédibilité qui affecte aujourd’hui M. Blair.
Scott Ritter aux Américains :
« Reconnaissez vos mensonges »
L’ancien inspecteur en désarmement de l’Onu, Scott Ritter, a exhorté hier les États-Unis et la Grande-Bretagne à « reconnaître leurs mensonges », en estimant que l’Irak n’aurait pu « détruire ses armes de destruction massive sans laisser de traces ». Dans une interview au quotidien suisse Le Temps, M. Ritter appelle le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair à « avoir le courage d’être tenus responsables » de leurs « mensonges » et à « expliquer franchement et honnêtement pourquoi ils sont partis en guerre ». « S’il s’est agi d’une noble croisade pour libérer le monde d’un dictateur fou, admettez-le », exhorte l’ancien chef des missions d’inspection de l’Onu en Irak entre 1991 et 1998. L’ancien inspecteur américain ajoute que les renseignements – à ses yeux, soit très mauvais soit forgés de toutes pièces – qui ont servi à justifier l’intervention en Irak laissent peser des doutes sur d’autres affirmations du président américain : « Il affirme que l’Iran a des armes de destruction massive. Sur la base de quels renseignements ? Qu’en est-il de la Syrie, de la Corée du Nord ? » observe-t-il.


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