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COMPTES NATIONAUX Robert Kasparian répond à Charbel Nahas

En réponse aux déclarations de l’économiste Charbel Nahas sur les comptes nationaux de 1997, parues hier dans « L’Orient-Le Jour », Robert Kasparian, ancien directeur général de l’Administration centrale de la statistique et l’auteur principal de ces comptes économiques, a souhaité exercer son droit de réponse. En voici le texte.

M. Charbel Nahas insulte les auteurs des comptes de 1997 lorsqu’il déclare que « les comptes de 1997 donnent l’impression que les chiffres disponibles ont été adaptés pour coller avec une évaluation préétablie ». Ces comptes ont été établis en toute objectivité avec les règles de l’art et le représentant de l’Insee a bien affirmé que les auteurs n’ont voulu faire plaisir à personne. Nous, nous avons l’impression que M. Nahas a des idées préconçues et qu’il accepte les résultats conformes à ces idées et réfute ceux qui ne lui conviennent pas. Preuve en est son adoption des résultats de l’enquête sur l’industrie et son rejet des résultats de l’enquête sur la population. Alors qu’il n’a jamais exercé, à notre connaissance, le métier de statisticien ni de comptable national, une démarche scientifique de sa part aurait été de discuter avec les auteurs du bien-fondé des chiffres qu’il met en doute avant de jeter le doute dans l’esprit du public de façon pernicieuse.
Voici point par point une réponse aux critiques de M. Nahas:
1 - Le concept de RNBD a été adopté non pas pour un « nouvel habillage destiné à embellir la réalité économique et financière du pays », mais pour se conformer aux normes internationales des comptes économiques et pour expliquer le fait constaté depuis toujours d’une dépense nationale supérieure au PIB. À ce propos M. Nahas doit mieux consulter les chiffres: la dette publique nette fin 1997 est égale à 91,7 % du PIB de 1997 et non à plus de 100 %.
2 - Les comptes économiques de 1997 ont paru en 2003 et non en temps normal pour une raison simple, à savoir la nouvelle orientation donnée aux travaux de l’Administration centrale de la statistique suite au départ à la retraite de son directeur général en 1998 et non pour toute autre raison politique mise en avant par M. Nahas.
3 - Comment M. Nahas trouve-t-il que la productivité des secteurs agricole et industriel est supérieure à celle des services ? Nos calculs montrent le contraire.
4 - La révision à la hausse des exportations n’est pas destinée à parvenir « à une hausse artificielle du PIB ». M. Tranap a parlé de la fiabilité des chiffres douaniers en ce qui concerne les importations et non de celle des exportations. Cette révision était nécessaire pour équilibrer les comptes et justifiée par le fait bien connu de la sous-déclaration des valeurs et des sorties de marchandises sans le passage par la douane. D’autres économistes, plus proches de la réalité économique libanaise, pensent au contraire que les exportations libanaises de biens et services sont encore plus importantes.
5 - La valeur ajoutée du secteur industriel en 1997 est supérieure aux données du recensement industriel de 1998 de 675 milliards de LL et non de 1 200 milliards. Cela s’explique pour deux raisons : d’abord le recensement industriel ne couvre pas l’ensemble des activités de transformation (abattoirs pour la production de la viande, artisanat, etc.), ensuite les indicateurs indiquent une baisse de la production industrielle en 1998 par rapport à 1997.
6 - Nous ne comprenons pas comment M. Nahas conclut à une surestimation du nombre des ménages en 1997 en invoquant les résultats du recensement des bâtiments en 1996 alors que l’enquête de 1997 a été justement basée sur ce recensement. Quant au chiffre de la population scolaire, il faudrait, pour expliquer les écarts entre les chiffres publiés par le ministère de l’Éducation et les résultats de l’enquête auprès des ménages, examiner de près le champ couvert par les statistiques officielles et celui couvert par l’enquête auprès des ménages et ne pas conclure hâtivement à une surestimation de la part de cette dernière. Signalons aussi que les chiffres de la population ont été publiés en février 1998 et non ajustés pour justifier les chiffres « préétablis » du PIB publiés récemment. Par ailleurs, les chiffres publiés par Mme Kasparian dans l’étude sur les jeunes et l’émigration ne contredisent nullement ceux de 1997, puisqu’il s’agit dans cette étude de la population de nationalité libanaise alors que l’enquête de 1997 a porté sur l’ensemble des résidents libanais et non libanais. Il y a là une des raisons de la différence entre les chiffres de l’Éducation nationale et ceux de l’enquête concernant le nombre de scolarisés.
7 - Nous ne comprenons pas les calculs que M. Nahas fait pour réduire le PIB à 20 000 milliards de LL sur la simple supposition que certaines statistiques sont surestimées et en invoquant des changements de méthodes de calcul. Réduire la consommation de 10 % et donc le PIB d’autant sur la simple affirmation que le nombre de ménages a été surestimé est une erreur qui dénote une méconnaissance du fonctionnement des comptes. L’équilibre des comptes exige aussi une réduction des importations et non pas seulement du PIB. Nous aimerions bien que M. Nahas nous présente un ensemble cohérent de comptes justifiant ses allégations. Oui, les comptes de 1997 ont été basés sur une nouvelle méthodologie plus correcte et approuvée par les méthodologues internationaux de la comptabilité nationale et il est normal que cela entraîne une différence avec des estimations passées dont certaines sont publiées par des organismes non officiels, sans référence à aucune méthode ou sources statistiques.
8 - Nous ne voulons pas discuter de la nature des transferts que le Liban reçoit de l’extérieur et qui expliquent en partie l’accroissement des dépôts bancaires. Nous attendons pour cela les nouvelles statistiques que la Banque du Liban est en train d’élaborer avec la collaborations des banques. Les auteurs ont bien souligné les lacunes statistiques dans ce domaine, lacunes qui ne nous permettent pas en ce moment de bien comprendre les circuits du financement de l’économie.
9 - Signalons enfin que les comptes de 1997 ne sont qu’un point de départ. Ils ne donnent aucun chiffre sur la croissance, ni sur l’inflation ni sur le déflateur du PIB. Il faudra attendre les résultats des travaux de l’équipe chargée d’établir les comptes sur la période 1997-2002 pour analyser de façon objective et sans idée préconçue les facteurs de croissance et d’inflation au Liban.
En réponse aux déclarations de l’économiste Charbel Nahas sur les comptes nationaux de 1997, parues hier dans « L’Orient-Le Jour », Robert Kasparian, ancien directeur général de l’Administration centrale de la statistique et l’auteur principal de ces comptes économiques, a souhaité exercer son droit de réponse. En voici le texte.M. Charbel Nahas insulte les auteurs des comptes de 1997 lorsqu’il déclare que « les comptes de 1997 donnent l’impression que les chiffres disponibles ont été adaptés pour coller avec une évaluation préétablie ». Ces comptes ont été établis en toute objectivité avec les règles de l’art et le représentant de l’Insee a bien affirmé que les auteurs n’ont voulu faire plaisir à personne. Nous, nous avons l’impression que M. Nahas a des idées préconçues et qu’il...